Le tribunal administratif d'Orléans a donné raison à l'association de défense du peuple palestinien ce mercredi 14 mai. La mairie avait refusé de prêter la salle Eiffel à Orléans Loiret Palestine, qui souhaitait y organiser ce samedi 17 mai une conférence sur la situation à Gaza, avec comme invitée l'eurodéputée insoumise Rima Hassan.
Camouflet pour Serge Grouard : le maire (ex-LR) d'Orléans avait pris la décision de refuser la tenue ce samedi 17 mai d'une conférence sur la situation à Gaza dans une salle municipale, la salle Eiffel. Ce mercredi, le tribunal administratif d'Orléans lui donne tort, et enjoint la ville à mettre la salle à la disposition de l'association Orléans Loiret Palestine, qui organise l'événement.
La mairie avait estimé que le risque de troubles à l'ordre public était trop important pour permettre la tenue de la conférence, intitulée "Palestine : mais où est donc passé le droit international ?" Saisi par l'association et La France insoumise, le tribunal administratif a estimé que la décision de la mairie présentait une "absence de justification des risques de trouble à l'ordre public".
Par communiqué, la ville dit prendre "acte de la décision de justice", affirmant : "nous respecterons nos obligations légales".
"Logique de criminalisation"
Sur Facebook, Serge Grouard rappelait le 11 mai un contexte de "montée préoccupante de l'antisémitisme en France", rappelant que "notre ville a été directement touchée", en référence à l'agression du rabbin Arié Engelberg le 22 mars. Il affirmait vouloir "prévenir tout risque de trouble à l'ordre public". Dans le même texte, il accusait "certains", qui chercheraient "à importer ces divisions sur notre territoire, quitte à fragiliser la cohésion sociale et la sécurité des habitants". Le maire chargeait LFI, qui "ne cherche pas le débat, elle cherche le chaos".
Serge Grouard ciblait en particulier Rima Hassan, eurodéputée LFI française d'origine palestinienne, invitée de marque de la conférence de l'association.
Le 7 mai, La France insoumise du Loiret émettait un communiqué de presse, ayant appris l'annulation de la location de la salle par la mairie. Le parti voyait dans cette décision "une grave atteinte à la liberté d'expression" qui "s’inscrit dans la même logique de criminalisation des voix qui se lèvent face aux massacres en cours à Gaza".
"Ces prétextes spécieux ne servent qu'à empêcher tout débat démocratique pour la défense du droit international", estimait LFI, annonçant le recours liberté devant le tribunal administratif.