Entre fin mars et début avril, 31 personnes ont été mises en examen dans trois procédures distinctes ouvertes par le parquet de Bastia pour, notamment, trafic de stupéfiants. Trois réseaux, dont deux qui opéraient entre la Corse et le continent, ont ainsi été identifiés.
Trois procédures distinctes ouvertes par le parquet de Bastia pour trafic de stupéfiants ont permis d'identifier plusieurs réseaux entre la Corse et le continent. Révélée par Corse Matin, l'information nous a été confirmée par le procureur de la République de Bastia, Jean-Philippe Navarre.
La procédure la plus récente, rendue publique par le parquet de Haute-Corse le 2 avril dernier dans un communiqué, a permis le démantèlement d’un réseau organisé entre la Corse et le continent.
Après l’interpellation d’une dizaine de personnes la semaine dernière, sept d’entre elles ont été mises en examen pour “association de malfaiteurs” et “trafics de stupéfiants”. Six ont été placées en détention provisoire, une sous contrôle judiciaire.
Les perquisitions opérées dans ce dossier ont permis la saisie de 50 kilos de cannabis, 4.6 kilos de cocaïne, 165.000 euros en liquide et d’une kalachnikov. Les enquêteurs présagent que la drogue serait arrivée dans l’île par bateau depuis le continent et que son acheminement impliquerait la complicité de marins d’une compagnie maritime.
Contrôle routier
La deuxième procédure, ouverte en février 2025, a conduit à la mise en examen de trois personnes. Ainsi, Jean-Marie Guidicelli, déjà connu des services de justice, est mis en cause dans cette affaire pour “association de malfaiteurs” et “trafic de stupéfiants”, les deux autres pour “association de malfaiteurs”, “trafic de stupéfiants” et “transport d’armes ou de munitions”.
Ces deux personnes avaient été arrêtées lors d’un contrôle routier à Bastia qui avait marqué le début de l’enquête. Les policiers avaient alors saisi, dans leur véhicule, 3 kilos de cocaïne, de l’herbe de cannabis, des munitions de calibre 38 et environ 6.000 euros en liquide. Toutes ont été placées en détention provisoire.
Deux “têtes” de réseau interpellées et incarcérées
La troisième procédure, ouverte en février 2024, a permis la saisie de 30 kilos de cannabis et la mise en examen de 21 personnes, dont deux mineurs, pour “trafic de stupéfiants” et “associations de malfaiteurs”.
Ce réseau aurait opéré entre l’île et le continent et concernerait un trafic de cannabis et de cocaïne. Dans cette affaire, les investigations ont permis de remonter jusqu’à Jean-François Mattei, présenté par les policiers comme l’une des têtes de ce réseau.
L’homme est connu de la justice et a été mis en cause dans cette affaire fin mars. Âgé de 31 ans, il est également mis en examen depuis octobre 2022 et placé en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire concernant le meurtre de Barthélémy Casanova, en janvier 2020, à Corte.
Le 1er avril dernier, il a été acquitté par la cour d’Assises de Corse-du-Sud. Il était poursuivi pour une "tentative d’extorsion avec arme". Les faits remontaient à octobre 2020 à Porto-Vecchio.
Un second homme, Christian Marini, interpellé fin mars et mis en examen dans ce dossier, est également suspecté d’être une autre tête de ce réseau. Lui et Jean-François Mattei sont présentés par les policiers comme étant en lien avec le crime organisé dans l’île.
Tous deux ont été placés en détention provisoire dans le cadre de cette procédure.