50 personnes migrantes secourues au large des côtes : "on s'attend à beaucoup de traversées en raison de la météo"

Plusieurs opérations de sauvetage ont eu lieu ce week-end du 12 et 13 avril 2025. Cinquante personnes migrantes ont été secourues lors de tentatives de traversée de la Manche vers l'Angleterre.

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Avec des conditions météorologiques réunies depuis le début du mois d'avril, les tentatives de traversées de la Manche vers l'Angleterre par des migrants se multiplient. Samedi 12 avril 2025, les secours ont coordonné plusieurs interventions sur le littoral, et ont pu secourir 50 personnes engagées sur des "small boats". 

"Depuis vendredi, on a reçu huit appels de détresse", témoigne Célestin Pichaud, coordinateur pour l'association Utopia 56 à Grande-Synthe, qui rapporte avoir croisé près de 300 personnes sur le littoral ce week-end, trempées, après un échec de la traversée.

Plusieurs opérations de sauvetage dans la même journée

L'association transmet systématiquement les alertes reçues depuis la mer au CROSS Gris Nez (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 avril 2025, suite à ces signalements, le CROSS a mené une première opération sur un "small boat", et récupéré 28 migrants, ramenés à Calais avant d'être pris en charge par les services terrestres, d'après un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

L'accompagnement au retour à quai reste insuffisant, selon Utopia 56. "Si les personnes sont prises en charge par la protection civile et les pompiers, elles ressortent du dispositif sans hébergement d'urgence", pointe Célestin Pichaud. "Être secouru en mer n'est pas anodin ; on plaide pour la mise en place d'une aide psychologique" poursuit-il.

Toujours samedi 12 avril 2025, dans la matinée, 19 migrants ont été secourus en mer, dans le secteur de Malo-les-Bains (Nord). Certaines des personnes présentes à bord du small boat visée par l'opération de sauvetage ont continué leur route sous surveillance, selon la préfecture maritime. 

Informé du départ d'une embarcation secteur Hardelot (Nord), le CROSS est intervenu une nouvelle fois en milieu de journée. Plusieurs migrants à bord du bateau de fortune refusent l'assistance proposée par les moyens français. Trois personnes ont été secourues, puis déposées à quai à Boulogne-sur-mer. Les refus d'assistance sont fréquents, et leur respect est inscrit dans le droit maritime. Une obligation de sauvetage pourrait en effet créer des mouvements de foules, des chutes à la mer, des chocs thermiques ou des traumatismes divers pour les migrants, déjà vulnérables. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait appelé, fin février, à un "changement de doctrine" qui permettrait les interceptions en mer ; "une grave atteinte aux droits des personnes" selon Célestin Pichaud. 

Des tentatives de passages en hausse 

Les bénévoles déployés sur le littoral disent constater une hausse du nombre de personnes en détresse, et des tentatives de passages. Une observation confirmée par les chiffres du ministère de l'Intérieur britannique, qui recense 7 405 arrivées depuis le début de l'année, contre 5 517 à la même période pour 2024.  

"On s'attend à beaucoup de traversées dans la semaine à venir, en raison de la météo", confie Célestin Pichaud, qui déplore l'inefficacité des politiques répressives du gouvernement. "Le seul impact que ça a, c'est sur les personnes migrantes, et les risques qu'elles prennent", affirme-t-il. 

Depuis plusieurs mois, les faits se multiplient aux alentours de la baie de Somme. Un éloignement des zones de passage privilégiées, Calais, Dunkerque ou le Boulonnais, "probablement pour contourner l'appareil répressif", souligne Utopia 56. "Cela pourrait avoir des conséquences graves, car les personnes seront plus loin des associations, et augmentent le facteur temps et le facteur distance de la traversée", déplore Célestin Pichaud.

En 2024, ce sont 45 203 migrants qui ont reçu assistance en mer, lors de 830 opérations de sauvetage. 72 personnes ont perdu la vie, et trois sont portées disparues. L'année 2024 a été la plus meurtrière pour les exilés, en mer et sur le littoral. 

Le corps sans vie d'une femme, qui pourrait être soudanaise, a été découvert vendredi 11 avril 2025 dans un campement de migrants à Loon-Plage (Nord), a appris l'Agence France Presse auprès de la procureure de la République de Dunkerque. Ce décès d'une exilée sur le littoral est le neuvième recensé depuis le début de l'année 2025.

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