"Ça fait mal au cœur" : à l’aube de la fermeture, l’émotion des derniers salariés de l'usine Bosch de Moulins

Dans l’Allier, l’usine Bosch de Moulins-Yzeure (Allier) définitivement à l’arrêt. La production devait s’achever le 30 juin, mais les machines se sont finalement arrêtées le mercredi 24 juin. Ce jeudi matin, la dernière équipe de nuit a quitté les lieux, le cœur lourd.

Cinq heures du matin. À Moulins-Yzeure (Allier), l’activité s’est définitivement arrêtée dans les ateliers de l’usine Bosch. Le bruit des machines a cessé : la production est terminée. Une trentaine de salariés de l’équipe de nuit quittent le parking, la boule au ventre. "La nuit a été longue. Comme c’était la dernière, elle nous a paru encore plus longue. Malheureusement, c’est comme ça", confie un salarié à la sortie de l’usine. Un autre ajoute : "Ça fait mal au cœur, mais c’est ainsi".

Environ 180 personnes devront retrouver un emploi

Beaucoup ne souhaitent même pas s’arrêter pour témoigner. Sur les 270 postes que comptait le site, 253 sont supprimés. Les autres salariés partiront à la retraite ou en préretraite. Au total, 180 personnes vont devoir retrouver un emploi. "Dans la région, les opportunités dans l’industrie sont assez limitées, souligne un employé. On va sûrement devoir faire plusieurs kilomètres pour trouver du travail".

Un autre salarié poursuit : "On savait que l’entreprise traversait des difficultés en raison de la baisse du marché automobile et que les plus anciens allaient partir. Mais voir tout le monde partir d’un coup, c’est brutal".

"Ce n'est pas une décision économique"

À Yzeure, Bosch fabriquait des systèmes antidérapage ESP. L’annonce de la fermeture du site est tombée le 20 janvier dernier. Six mois auront été nécessaires pour négocier un plan social, jugé "injustifié" selon les représentants syndicaux. Eux aussi se disent écœurés par cette décision, qui concerne également le site de Vénissieux, où une trentaine de salariés sont touchés par une fermeture similaire.

Jean-Yves Méloux, secrétaire adjoint du CSE et élu FO au CSE central, critique vivement cette décision : "L’entreprise était rentable et devait le rester encore au moins deux ans. Des adaptations d’effectifs auraient pu être réalisées à travers des départs volontaires. Clairement, ce n’est pas une décision économique, mais un choix politique du groupe Bosch visant à recentrer ses productions autour de sa maison mère (le siège social du groupe Bosch est situé en Allemagne). Les sites français sont ainsi sacrifiés".

Dans un communiqué, la direction justifie sa décision par la nécessité de préserver la compétitivité de l’entreprise. Elle précise que l’arrêt de la production ne signifie pas la fin de l’accompagnement des salariés. Ces derniers n’aspirent désormais qu’à une chose : tourner la page.

Article rédigé à partir du reportage de Christian Darneuville et Bruno Livertoux pour France 3 Auvergne.

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