"C’est peut-être la dernière chance" : une opération de sauvegarde du saumon en Haute-Loire

Au pied du barrage hydroélectrique de Poutès en Haute-Loire, le conservatoire national du saumon se mobilise pour le saumon atlantique. Avec seulement 63 poissons reproducteurs comptés en 2024, le retour de l’emblème de toute une vallée est attendu.

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À Alleyras, en Haute-Loire, les alevins sont issus du conservatoire national du saumon sauvage tout proche. Cette année pour la première fois, après vingt ans d’interdiction, ils vont être déversés de part et d’autre du barrage de Poutès. Lionel Martin, président de la fédération de pêche Haute-Loire, indique : “C’est peut-être la dernière chance. J’espère que cela va continuer. On a 77 saumons cette année. Je pense qu’on en aura un peu plus. Ce sont les premiers résultats de ce qu’on a fait depuis 2019, avec l’alevinage en amont de Poutès. J’espère que cela va perdurer et que cela va aller en augmentant”.  

Des conditions favorables 

Quelque 550 000 bébés saumon seront déversés dans l’Allier et dans des affluents ce printemps. La fédération de pêche, l’Etat et l’Europe ont l’espoir que dans cinq ans les saumons devenus adultes en haute mer reviennent se reproduire ici. Patrick Martin, directeur du conservatoire national du saumon sauvage, souligne : “On a de très bonnes zones et une très bonne qualité pour nos saumons. Maintenant, il faut qu’on poursuive cette action-là et qu’on travaille en partenariat avec la Lozère, l’Ardèche, le Puy-de-Dôme et l’Allier pour pouvoir valoriser toutes les zones productives de ce bassin. Si on déverse ici au barrage c’est parce qu’on a de très bonnes conditions et que le franchissement de l’obstacle est possible pour le saumon”.  

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Au pied du barrage hydroélectrique de Poutès en Haute-Loire, les acteurs se mobilisent pour le saumon atlantique. Intervenants : Lionel Martin, président de la fédération de pêche Haute-Loire / Patrick Martin, directeur du conservatoire national du saumon sauvage / Olivier Épalle, maire de Monistrol d'Allier ©E. Brot-Monnier / M. Pitavy / L. Aubisse

Une espèce emblématique 

En éliminant les nombreux obstacles, comme la qualité de l’eau et prédateurs, l’objectif est de recréer un socle de géniteurs plus solide qui permettrait la remontée de la population à 1000 saumons d’ici 2035. Olivier Épalle, maire de Monistrol d'Allier, précise : “Le saumon fait partie de l’histoire du territoire. C’est une espèce emblématique du territoire. Début 1900, il y avait une grosse économie basée autour des pécheurs. C’est un patrimoine local. Les gens ont vécu avec et il faut que cela perdure”.  

Après 25 ans d’efforts, 20 millions d’euros concédés par EDF pour abaisser le barrage et le rendre transparent plusieurs semaines par an, le chemin jusqu’à une autonomie complète du saumon de l’Allier est encore long. 

Propos recueillis par Elodie Brot-Monnier / France 3 Auvergne 

 

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