Depuis le 5 mars, l’hebdomadaire "Le Messager", a changé de visage : un nouveau style graphique, des nouveaux formats et de nouvelles rubriques sont à découvrir. L’objectif est de séduire de nouveaux lecteurs, tout en se développant d’abord sur le web.
La nouvelle formule est arrivée ce jeudi 5 mars en kiosques. Le Messager est une institution dans le Chablais et un best-seller chez certains buralistes, comme chez Sandrine Nechi à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). "C’est une des plus grosses ventes, lâche la commerçante, on est sur 80 exemplaires par semaine en moyenne, c’est une très belle vente."
Des nouvelles rubriques
Dans un secteur en crise, l'hebdomadaire haut-savoyard fait plus que de la résistance. Pour conserver ses lecteurs, le journal fait évoluer sa maquette pour un visuel plus synthétique et plus lisible, avec notamment des nouveaux codes couleurs pour chaque rubrique.
"C’est plus aéré, on organise autrement l'information, on dispose autrement, pour mieux la valoriser", nous dit Thomas Delobelle, rédacteur en chef du groupe Le Messager. "Le papier n’est pas mort, à nous de faire des efforts pour aller chercher de nouveaux lecteurs", ajoute-t-il.
Autre nouveauté du journal, des rubriques parmi lesquelles "Enfermés dehors", où des professionnels délivrent des conseils pour la pratique des activités extérieures, ou encore "A visage découvert" qui dresse le portrait de figures du territoire.
450 000 lecteurs par semaine
Entre le papier et le numérique, le groupe revendique 450 000 lecteurs par semaine pour ses trois journaux : Le Messager, L'Essor Savoyard et Le Pays Gessien.
Ça va, on ne souffre pas trop, on a des chiffres de vente qui sont meilleurs qu’ailleurs.
Thomas Delobelle, rédacteur en chef du groupe Le Messager
"Cette nouvelle formule, évidemment, va nous aider à relancer le papier, mais on a surtout un fort dynamisme sur le digital", ajoute le rédacteur en chef du groupe.
Des équipes polyvalentes
Les équipes du journal sont polyvalentes et formées à plusieurs supports : "Si un sujet se prête à la vidéo, on va aller faire la vidéo. Si ça prête à l’image fixe, on va faire beaucoup de photos et valoriser ce travail dans une galerie image. C’est assez valorisant d’avoir ce champ des possibles qui s’ouvre", témoigne Estelle Lévêque, journaliste pour l'hebdomadaire.
Je me présente comme une journaliste multimédia, pas comme une journaliste de presse écrite.
Estelle Lévêque, journaliste
Chaque papier est désormais signé avec l’adresse mail de son auteur pour plus de lien avec les lecteurs à l’heure de l’intelligence artificielle.
"Le fait de mettre nos photos dans le journal avec notre adresse email, ça montre que nous sommes bien là, nous sommes du territoire, que nous ne sommes pas des IA. Les gens ont besoin, dans un monde de l’information qui est bouleversé de repères, de cette presse locale qu'ils connaissent depuis tout petit et en laquelle ils ont confiance," confie Thomas Delobelle.
Au total, ce groupe plus que centenaire emploie 24 journalistes à Thonon, mais aussi Annecy, Bellegarde ou Bonneville, avec une moyenne d'âge de 30 ans.