L’alpiniste Benjamin Védrines vient de réaliser un nouvel exploit chez lui, dans les Alpes. En six jours, il a enchaîné, avec son duo de cordée Léo Billon, trois faces nord mythiques, celles de l’Eiger, du Cervin et des Grandes Jorasses. Ces trois grandes faces, l’alpiniste les a reliées sans moyens motorisés. Récit de cette aventure "singulière".
"J’avais toujours dans un coin de ma tête ce projet. Ces trois faces ont toujours été des références pour moi et pour tous les alpinistes," confie Benjamin Védrines au retour de son expédition.
Le 6 avril dernier, l'alpiniste s'est lancé dans l’aventure avec son acolyte de toujours, Léo Billon. Le duo commence à Grindelwald, en Suisse, avec pour premier objectif de relier Eigergletscher à ski, puis de gravir le mont Eiger par la face Nord, soit 1 800 mètres de grimpe pour atteindre le sommet à 3 970 mètres d’altitude. Une ascension réalisée en 4h10 par la voie Heckmair.
Benjamin Védrines et Léo Billon s’attaquent ensuite à la face nord du Cervin par la voie Schmid : 5h40 de grimpe pour atteindre le sommet. Dernière étape, les Grandes Jorasses, à 4 208 mètres d’altitude, par la voie redoutable McIntyre-Colton, référence dans l’alpinisme moderne, ouverte en 1976.
"Grimper de telles faces, c’est très exigeant mentalement et physiquement. C’est très impactant pour le corps, ce sont des terrains où la chute est polytraumatisante et la tension assez forte pour ne pas tomber. Les conditions n’étaient pas faciles, elles étaient très sèches, on est passé par des sections qui étaient très difficiles et délicates à grimper", détaille l’alpiniste.
Liaisons à vélo et descente en parapente
Et pour rajouter de la difficulté à l’effort fourni, l’alpiniste s’est mis au défi de réaliser chaque transition à la force de ses jambes, cumulant sur les six jours près de 47 heures d’efforts. S'il a gravi les faces avec son duo de cordée, Léo Billon, les liaisons entre chaque face, Benjamin les a faites seul.
"J’avais envie d’en faire une aventure singulière et à part entière. Donc l’idée m’est venu de relier ces trois faces sans moyen motorisé pour en faire quelque chose de plus écologique. Et puis, il y a une forme de pureté et d’esthétisme de venir au pied de la montagne à la force des jambes."
Chaque face, Benjamin les a reliées à vélo, à ski ou à pied. Les descentes de sommet ont été faites en parapente. Pour l’aider dans la logistique, il y avait Quentin, son assistance.
L’idée était d’être le plus léger possible.
Benjamin Védrines
"Il me rejoignait au pied des montagnes, il récupérait mes crampons, il m’apportait les skis, etc. L’idée, c’était d’être le plus léger possible la plupart du temps. Cette assistance, je l’avais dans un but d’épurer au maximum le corps, de me décharger du matériel", explique-t-il.
Après six jours d’effort, le 11 avril, le duo Benjamin et Léo, a atterri en parapente à Chamonix avec déjà d’autres projets en tête.
Le 18 mai prochain, Benjamin Védrines partira pour une ascension en solitaire en Alaska, où il va tenter le plus haut sommet d'Amérique du Nord, le mont McKinley.
En septembre, l'alpiniste repartira en duo avec Nicolas Jean pour tenter d’ouvrir une voie dans l'Himalaya. Encore un bel exploit en perspective pour lequel Benjamin Védrines est à la recherche de fonds.