Depuis le début du printemps un nouvel oiseau tout jaune a fait son apparition dans le ciel auvergnat : le nouvel hélicoptère du SAMU du Puy-de-Dôme. Cette ambulance des airs permet de réaliser entre 900 et 1 000 interventions par an.
Ce jour-là, l’hélicoptère du SAMU du Puy-de-Dôme transporte des jumeaux qui ont seulement quelques jours. Ils sont nés prématurément à la maternité du CHU de Clermont-Ferrand. Dans 20 minutes, ils arriveront à l’hôpital de Vichy, proche de chez eux, où leur mère les a précédés. Durant tout le vol, un urgentiste et un pédiatre veillent sur eux. Le Dr Simon Mounier, pédiatre au CHU de Clermont-Ferrand, indique : “L’objectif de faire des transferts héliportés pour les retours sur les hôpitaux périphériques est de gagner du temps. L’Auvergne est un grand territoire et il n’y a qu’un pédiatre qui est disponible pour faire le SMUR néonatal. S’il y a une autre intervention, il faut qu’il se rende disponible assez rapidement”.
Un appareil plus rapide et plus autonome
L’aller-retour à Vichy aura pris une heure. Par la route, il aurait fallu le triple. Ce dispositif néonatal est l’un des atouts de ce nouvel hélicoptère, l’Agusta 109 Trekker. Cette machine est plus rapide que l’ancienne et plus autonome, capable d'emmener un patient jusqu’à Paris en 1h30 de vol. Si les transferts d’un hôpital à un autre représentent deux tiers des missions, cet appareil est aussi capable d’intervenir sur des urgences. Daniel Pic, chef de service du Samu 63, souligne : “On va dispenser le même type de soins sur le même type de missions. On va les faire plus vite. On peut aussi embarquer une personne supplémentaire, pour faire de l’enseignement et de la pédagogie, pour un accompagnement des nouveaux médecins. Ils pourront acquérir des compétences, directement sur le terrain, avec des médecins plus expérimentés”. Il poursuit : “La majorité des missions qui concernent cet hélicoptère sont des missions dites secondaires, pour aller d’un hôpital à un autre. Il s’agit de s’occuper de patients qui sont dans des hôpitaux périphériques de Clermont-Ferrand et de la région Auvergne, pour les rapprocher du CHU. Parfois, on emmène des patients du CHU vers des hôpitaux qui sont beaucoup plus loin, comme Paris et Lyon, pour des soins spécifiques”.
L'importance de la météo
Sur le toit de l'hôpital de Montluçon, l'hélismur vient à présent chercher un patient. Il prend la direction de Clermont-Ferrand pour un transfert dans un service spécialisé. L’équipage est mobilisé 7 jours sur 7, de 8 heures à 20 heures. L’ambulance des airs est sollicitée plus de 900 fois par an par le SAMU. Mais un élément reste déterminant : la visibilité en vol. L’équipe médicale est en échange permanent avec les pilotes. Bastien Fernandez, chef de base de l’Hélismur 63, explique : “Dans le métier de pilote de SAMU, ce qui compte c’est de prendre une bonne décision, notamment au niveau de la météo. C’est le facteur numéro un, que l’on regarde immédiatement quand on est sollicités par la régulation. Il s’agit de savoir si on peut se rendre sur l’hôpital ou sur le lieu d’intervention. On a la possibilité de refuser le vol si la météo est vraiment trop mauvaise. Après, on connaît nos machines, on connaît nos performances. On fait partie de la chaîne de secours dont on est un maillon. A bord, la partie médicale est dissociée de la partie vol. Il est très important que chacun garde son rôle”.
Le CHU de Clermont Ferrand a investi près de 10 millions d’euros dans ce nouvel ange gardien. Cela permettra de couvrir pendant 10 ans la location, l’équipage et le coût des vols. Il s’agit d’un choix stratégique pour gagner en efficacité.
Propos recueillis par Stéphane Trentesaux / France 3 Auvergne