C’est une première en France : l’État expérimente un dispositif de prévention dans le Puy-de-Dôme pour protéger les habitations face aux risques de fissures liées aux sols argileux. Dans le département, 125 000 maisons individuelles se situent en zone à risque élevé.
À Saint-Laure, dans le Puy-de-Dôme, une maison fissurée fait l’objet d’un diagnostic dans le cadre d’un dispositif expérimental de prévention. Pour la première fois, Pascal Lejczyk, expert spécialisé dans le retrait-gonflement des sols argileux, intervient pour évaluer l’état des fissures avant qu’elles ne deviennent dangereuses. L’objectif : anticiper les risques liés aux sols argileux et limiter les dégâts sur les habitations. “Ces fissures peuvent avoir plusieurs origines, explique l’expert. C’est ce qu’on appelle un phénomène de fractionnement. Une fenêtre, par exemple, constitue un point de faiblesse dans un bâtiment”.
Mieux identifier les causes des sinistres
Cette habitation se trouve dans une zone fortement exposée au RGA, c'est-à-dire le retrait-gonflement des argiles présentes dans le sol, qui fragilise les constructions. Dans le département, 125 000 maisons individuelles sont concernées. “Les désordres liés au retrait-gonflement sont toujours le résultat d’un cumul de facteurs, souligne l’expert. Ce n’est pas seulement le sol ou le climat, mais un ensemble d’éléments propres à chaque bâtiment”.
Corinne est la première propriétaire à bénéficier du financement de l’État pour ce diagnostic préventif. “Après un sinistre, les coûts ne sont plus du tout les mêmes, explique-t-elle. Les assurances peuvent nous aider, mais mes voisins ont dû refaire tout leur sol intérieur. Mieux vaut prévenir que guérir”.
"Une hausse des dommages jusqu'à 106%"
Les sols évoluent entre les périodes de sécheresse et les épisodes de fortes pluies, un phénomène accentué depuis plusieurs années par le changement climatique. “Face au nombre croissant de sinistres et à l’installation durable du changement climatique, on estime une hausse des dommages comprise entre 49 et 106 %, alerte Sylvie Burlot, directrice régionale de l’ADIL. On voit mal comment le système pourra tenir financièrement. Il est temps de privilégier la prévention”.
Ce dispositif est actuellement expérimenté dans l’Allier, le Puy-de-Dôme et neuf autres départements exposés aux risques liés aux sols argileux. Pour savoir si vous êtes éligible à cette aide, vous pouvez consulter le simulateur du fonds de prévention argile sur le site du ministère de la Transition écologique.
Article rédigé à partir du reportage de Marie-Lys Pariot et Claude Fallas pour France 3 Auvergne.