Pendant les années 1960 - 1970, Georges Vermard a photographié Lyon sous tous ses angles pour plusieurs médias régionaux. Ses clichés journalistiques sont les premiers à intégrer les collections de la bibliothèque de La Part-Dieu, grâce au travail d'enquête d'un documentaliste lyonnais.
Le quartier de La Part-Dieu dans le 3ème arrondissement de Lyon, la Duchère avec ses grands immeubles d’habitation, Martin Luther King à la Bourse du travail, le Général de Gaulle à l'Hôtel de ville, etc. Tous ces lieux et évènements ont un point commun, ils ont été immortalisés par le photographe Georges Vermard dans les années 1960 – 1970.
Aujourd’hui, les clichés intègrent la bibliothèque municipale de la Part-Dieu grâce au travail d’un documentaliste, David Cizeron, qui a consacré six années de sa vie à parcourir les archives du photographe. Il s'agit du premier photographe de presse à rejoindre les collections de l'établissement.
Lyon se mue devant son objectif
“C’est un témoin de la mutation de Lyon, un témoignage assez extraordinaire de plus de 25 ans de vie lyonnaise”, explique le documentaliste, une image du quartier de La Part-Dieu avant que le centre commercial ne soit construit entre ses mains.
“Il documente une époque, un territoire. L’essentiel des photographies de Georges Vermard a été pris à Lyon ou dans les environs”, ajoute l'assistant de conservation du patrimoine à la ville de Lyon. Sur les clichés, toutes les thématiques sociales, la politique, l’urbanisme, l’écologie, sont évoquées.
Le documentaliste a mené un véritable travail d'enquêteur afin d’identifier et de contextualiser des milliers négatifs annotés tardivement et de manière vague. Les articles de presse de l'Echo-Liberté et du Reflets de la vie lyonnaise, deux médias écris pour lesquels Georges Vermard a travaillé, ou encore du Progrès, ont facilité le travail de documentation.
"Un photographe de l'ordinaire"
Les photographes de presse, en dehors de quelques grands noms qui ont travaillé pour la presse nationale ou pour des grands journaux, pour la plupart ne sont pas connus. Ils n'ont pas forcément laissé de noms à la postérité, ce qui ne veut pas forcément dire que ce sont des photographes qui n'ont pas d'intérêt et qui n'ont pas une esthétique aussi en elles-mêmes.
Davide CizeronCoordinateur action culturelle documentation régionale (BML)
David Cizeron observe sur les clichés de Georges Vermard un regard humaniste sur la société : “C'est aussi un photographe de l'ordinaire, de la vie des Lyonnais, du paysage ordinaire”.
Parmi les photos, le documentaliste retient également le passage de certaines célébrités à Lyon. Georges Brassens, mais aussi Johnny Halliday, Sylvie Vartan, et bien d’autres, ont été saisis par l'objectif de Georges Vermard.
Disparu en février, le natif de Poule-les-Echarmeaux dans le Rhône laisse un héritage patrimonial précieux des instantanées de la vie locale.
D'après le reportage de Sylvie Adam et Claire Cherry-Pellat.