Magali Quéginer cultive plus de 100 variétés de fleurs fraîches et séchées de manière éco-responsable à Guiclan, dans le Finistère, et propose ses produits à la ferme le samedi matin ou sur le marché de Carantec le jeudi.
C'est une explosion d'odeurs et de couleurs. Dans l'exploitation de Magali, le printemps s'est bel et bien installé : "Comme il fait très beau, tous les jours il faut ramasser". Ici, pas de rose à la Saint-Valentin : les fleurs sont cultivées sans pesticides et en fonction de la saison. Bien loin du système conventionnel : "Pour la Saint-Valentin, je propose des fleurs séchées car, ce que je veux, c'est respecter la saisonnalité. Je fais le choix de ne pas traiter, mais comme j'ai une centaine de variétés différentes, cela me permet d'alterner les variétés dans mes bouquets. Je peux en faire de nouveaux tous les quinze jours à trois semaines", explique la jeune femme. Pour obtenir ces beaux bouquets, il faut semer. C'est une grosse partie du travail.
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Anémones, tulipes, renoncules vendues en circuit court
Depuis quatre ans, elle a troqué l'élevage laitier pour la floriculture, sans regrets : "C'est une passion pour moi les fleurs, donc le fait de récolter tous les jours des fleurs fraîches, ça a un côté un peu magique. Moi, tout ce que je veux, c'est pouvoir en vivre. Moi, je peux fixer mes prix, par rapport à d'autres productions pour lesquelles ce n'est pas le cas", témoigne la jeune femme.
Défi relevé : Magali a même embauché une salariée pour la saison.
La production s'étend sur 1 ha où les floraisons s'enchaînent au fil de la saison : "La saison démarre en février avec les premières fleurs qui sont les anémones. Après, il y a des tulipes, les renoncules, et ça se termine en novembre avec les chrysanthèmes".
La production s'étend sur 1 ha où les floraisons s'enchaînent au fil de la saison.
Relation privilégiée avec les gens du coin
De février à novembre, elle vend ses fleurs à la ferme, ou dans un rayon de quelques kilomètres : là aussi, un choix à contre-courant du modèle classique : "Mes parents étaient paysans aussi et je trouve que c'est important de consommer le plus local possible, que ça ne fasse pas des milliers de kilomètres pour arriver dans notre assiette ou notre vase. Et puis, ça me permet d'avoir une relation privilégiée avec les gens du coin", conclut Magali.
Fédérés au sein du collectif "La Fleur Française", une dizaine de producteurs ont déjà opté pour ce modèle dans le Finistère.
(Avec Ninnog Louis)