Ils se tiennent prêts à bondir dès que la petite balle jaune frappe le sol et fait voler la terre battue. Louis, Valentine et 298 autres sont ramasseurs au Tournoi de Roland Garros. Ils vont passer une quinzaine de jours sur les courts de tennis aux côtés des plus grands. Un bonheur incroyable.
"Ça demande énormément de choses, de l’exigence. Il faut être extrêmement concentré, avoir le sens de l’observation, être sportif, et avoir de l’endurance et l’esprit d’équipe !" Pour ceux qui pensaient que ramasseur de balles à Roland Garros, c’était les vacances, Valentine Mevel, 14 ans, a remis les pendules à l’heure. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des sélections.
300 sélectionnés sur 7 500
En France, pour cette édition 2026 du tournoi, ils étaient 7 500 postulants. Après des journées de détection dans toutes les régions, la Fédération Française de tennis a retenu 300 "ballos", le petit nom des ramasseurs. Une journée de formation plus tard, les voilà enfin sur la terre battue.
"Nous sommes proches des joueurs, c’est incroyable, se pince Louis Lesueur. Des fois, ils nous demandent leurs gourdes, c’est trop bien !" L'adolescent de 15 ans avait déjà été ramasseur à l’Open de Rennes, mais là, ce n’est pas pareil, "c’est de la terre battue."
Un rêve éveillé
"Ils vivent leurs rêves", résume Lucas Gérard. Il sait de quoi il parle, il était à leur place en 2020. Aujourd'hui, il encadre les jeunes ramasseurs, leur prodigue des conseils. La journée commence par un échauffement, puis chacun se voit attribuer un terrain.
Les balles fusent. Eux aussi. Accroupis auprès du filet ou au fond du court, ils se tiennent prêts, s’élancent et récupèrent les balles sorties en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.
Tous espèrent que le rêve va se poursuivre le plus longtemps possible… Jusqu’à la finale peut être.
(Avec Benoit Le Vaillant)