À Roscoff (Finistère), haut lieu de l’oignon, la fête dédiée à ce bulbe rosé se tient les 22 et 23 août pour sa 23e édition. Malgré une récolte fragilisée par les fortes chaleurs et le manque d’eau, les producteurs assurent que la qualité reste au rendez-vous.
Débarqué de Lisbonne en 1647 par un moine capucin, l’oignon de Roscoff a depuis traversé les siècles. Popularisé par les Johnnies, ces marchands bretons qui partaient le vendre outre-Manche, il reste aujourd’hui très prisé. "C'est sucré, c'est comme un petit caramel", décrit une passante, habituée de la fête de l’oignon de Roscoff. Pour un couple venu avec ses deux enfants, ce rendez-vous annuel est "aussi une manière de soutenir les producteurs locaux".
Pour cette 23e édition de la fête, les producteurs doivent toutefois composer avec des oignons de taille hétérogène, dont des plus petits calibres. En cause : des températures particulièrement élevées, couplées à un manque d'eau. "L'oignon est sensible aux amplitudes thermiques [...] et il a subi la canicule avec des températures à plus de 30 degrés", explique Alain Cabioch, producteur d'oignons à la ferme de Kerguennec.
Entre 20 et 25 % de baisse de rendement
Vincent Guillerm, président du syndicat de l'AOP oignons de Roscoff, estime "une baisse de rendement de l'ordre de 20 à 25 %, selon l'irrigation des terres ou non". Mais la qualité de ce légume condimentaire reste, elle, épargnée. "On a une belle couleur, on n'a pas de souci d'oignons difformes ou de choses comme ça", assure-t-il.
Pour que les tresses fassent leur poids habituel, les producteurs sont toutefois contraints d'ajouter un à trois oignons supplémentaires. "Ça va leur prendre plus de temps et la fin de saison pourrait être plus rapide que d'habitude", explique le président du syndicat. Cette année, l'ensoleillement particulièrement important apporte aussi légèrement plus de sucre à l'oignon.
La nécessité d'anticiper les pénuries d'eau
Face à des épisodes de chaleur appelés à se répéter, les producteurs cherchent désormais des solutions pour mieux faire face au manque d’eau. Pour Vincent Guillerm, il est nécessaire de trouver "une stratégie pour stocker l'eau". "Si on n'avait pas laissé partir à la mer toute la pluie qu'on a eue cette année, on n'aurait pas été embêtés comme ça", regrette-t-il, alors que tous les producteurs ne disposent pas de systèmes d’irrigation pour leurs terres.
L’appellation d'origine contrôlée (AOP) Oignons de Roscoff compte aujourd’hui 87 producteurs répartis dans 24 communes du Léon.
Avec Florence Malésieux.