Maisons de quartier, clubs sportifs, garderies... Ce samedi 11 octobre, des milliers d'associations se sont réunies dans 70 villes pour protester contre les coupes budgétaires dont elles sont victimes. En Bretagne, région marquée par le plus grand nombre de bénévoles, une vingtaine de mobilisations a été recensée.
Voilà 35 ans que Jeannine et Mireille, deux amies retraitées originaires de Quimper (Finistère), se rendent une fois par semaine au Centre des abeilles, le plus ancien lieu d'animation socioculturelle de la ville. "Tous les vendredis, on fait du covoiturage pour se rendre ici, raconte Mireille. On y fait des activités de tricot, on travaille le rotin, on fait de la mosaïque... C'est presque comme notre deuxième maison."
Une structure qui fait du bien
Pour beaucoup de personnes âgées, les maisons de quartier et les centres culturels sont surtout des vecteurs de lien social. "Ce lieu me permet de lutter contre l'isolement, confie de son côté Geneviève. Arrivée depuis peu dans la région, elle se rend au Centre des abeilles jusqu'à 5 fois par semaine. Je vis seule, ce n’est pas toujours facile et dès que je viens ici, je suis sûre de trouver quelqu'un de souriant, de positif. C'est d'ailleurs mon médecin traitant qui m'a recommandé de venir dans ce centre pour aller mieux."
Je vis seule, ce n’est pas toujours facile et dès que je viens ici, je suis sûre de trouver quelqu'un de souriant, de positif. C'est d'ailleurs mon médecin traitant qui m'a recommandé de venir dans ce centre pour aller mieux.
Geneviève, retraitée et adhérente au Centre des abeilles
Si la structure apporte beaucoup à ses adhérents, aux bénévoles et aux professionnels, elle n'est toutefois pas assez soutenue par les organismes publics, si bien qu'elle craint pour son avenir. "Aujourd'hui, le centre des abeilles n'est pas en danger, rassure son directeur, Salim Mokhnachi. Mais il pourrait bientôt l'être."
Des subventions stagnantes ou revues à la baisse
En cause : les 210 000 euros de subventions attribuées par la Caisse d'allocations familiales, la mairie de Quimper et le département du Finistère ne suivent pas l'inflation générale. "Ces aides stagnent depuis des années, il est difficile d'équilibrer le budget alors que tout augmente", regrette le directeur de la structure.
Une réalité encore plus importante en Bretagne, région française où le tissu associatif est le plus implanté. Selon une récente étude de l'Ifop, près d'un Breton sur 3 est aujourd'hui inscrit dans une association, ce qui représente plus de 700 000 bénévoles dans le territoire. À l'image du Centre des abeilles, la Bretagne dénombre 79 000 structures associatives, dont 31% se disent aujourd'hui dans une situation financière difficile. Pour cause, en l'espace de quinze ans, les subventions de l'Etat qui leur sont accordées ont baissé de 41%.
Un tissu associatif méconnu
Pour porter ces combats auprès des pouvoirs publics et de la population, le Mouvement associatif (qui réunit plus de 800 associations) a appelé au rassemblement à travers toute la France, ce samedi 11 octobre.
Le tissu associatif est présent partout, dans les centres de formation, dans les clubs sportifs, dans les garderies d'enfants, dans les activités culturelles.
Léanie Buaillon, directrice régionale des centres de formation CEMEA Bretagne
"Le tissu associatif est présent partout, dans les centres de formation, dans les clubs sportifs, dans les garderies d'enfants, dans les activités culturelles..., liste Léanie Buaillon, directrice régionale des centres de formation CEMEA Bretagne. Cette mobilisation doit permettre de s'en rendre compte", insiste-t-elle depuis le parvis de l'église Saint-Corentin, à Quimper, où des associations se sont regroupées dans la matinée.
"Une mort sociale"
"Toutes ces structures permettent aux citoyens de vivre et d'expérimenter la démocratie, assure de son côté Ronan Perot, membre de la fédération des centres sociaux de Bretagne. Si les associations ne sont pas soutenues, c'est en quelque sorte une mort sociale qui nous attend : la file pour les dons alimentaires chez les jeunes va s'accentuer, le vieillissement précoce chez les personnes isolées va progresser... On ne peut pas laisser toutes ces personnes sur le côté."
Avec Claire Louet / France Télévisions