Ce samedi 13 septembre, le nouveau premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la création de 5 000 maison de santé pour améliorer l'accès aux soins. "Un effet d'annonce" pour plusieurs représentants des médecins généralistes bretons. Ils appellent surtout à renforcer les dispositifs existants pour augmenter le nombre de médecins traitants sur les territoires en difficulté.
C'est la première annonce du nouveau Premier ministre. Ce samedi 13 septembre, Sébastien Lecornu a promis de créer un réseau de 5 000 maisons France Santé, sur le modèle des maisons France Service, pour que chaque usager ait une "offre de soins de proximité" à environ "30 minutes" autour de chez lui.
Si élus locaux et représentants des médecins se réjouissent que l'accès aux soins soit au cœur des préoccupations du Premier ministre, ils ne sont pas tous convaincus par la proposition.
90 % des Françaises vivent déjà à moins de 30 min d'un médecin généraliste.
Mathilde ChouquetPrésidente de l'Urbreizh
"C'est un effet d'annonce, assure Mathilde Chouquet, présidente de l'Urbreizh, l'Union des remplaçants et jeunes généralistes de Bretagne. On entend assez souvent cette idée de mailler le territoire avec des maisons de santé, mais on manque surtout de médecins pour les remplir ! Le problème de l'accès au soin est surtout lié au manque de praticiens, pas au manque de structures."
De plus, selon la jeune médecin rennaise, "90 % des Françaises vivent déjà à moins de 30 min d'un médecin généraliste. Le problème c'est qu'ils n'ont plus de place pour de nouveaux patients."
10 000 médecins à recruter
Le principal syndicat de médecins généralistes a fait ses comptes : "Cela nécessite au moins deux médecins par maison. Ca va faire le recrutement de 10 000 médecins. Où va-t-on les trouver ?", s'interrogeait Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général adjoint de MG France, ce samedi 13 septembre sur franceinfo.
Dans les Monts d'Arrée, toujours pas de médecin
Illustration dans les Monts d'Arrée, dans le Finistère. La petite commune de Brennilis a inauguré son centre de santé fraîchement rénové à ses frais en début d'année, mais n'a toujours pas trouvé ses médecins : "On a mis en place une nouvelle structure avec tous les équipements nécessaires et on cherche à recruter deux médecins salariés, indique Alexis Manac'h, le maire de la commune. On est même prêts à mettre un logement à disposition si besoin."
Mais les recrutements, en cours depuis 6 ou 7 mois, n'ont toujours rien donné. "Ça fait 5 ans qu'on n'a plus de médecin", rappelle le premier édile, qui assure : "Quelle que soit la solution, on est preneurs !" Et il y a urgence. Brennilis fait partie d'une communauté de communes de 8 000 habitants qui compte seulement deux médecins généralistes.
Mont d'Arrée Communauté faisait pourtant partie des 151 zones qui devaient bénéficier du renfort de médecins généralistes dès la rentrée, comme l'avait annoncé le ministre de la Santé Yannick Neuder le 27 juin dernier. Mais aucun professionnel ne s'est manifesté jusque-là.
Plus qu'un énième nouveau projet, on aurait préféré que le Premier ministre s'appuie sur des dispositifs existants.
Mathilde ChouquetPrésidente de l'Urbreizh
"Plus qu'un énième nouveau projet, on aurait préféré que le Premier ministre s'appuie sur des dispositifs existants pour chercher des solutions", explique Mathilde Chouquet, la représentante des jeunes médecins, citant les travaux des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), qui regroupent tous les professionnels de santé d'un territoire et qui organisent des actions "pour aider les gens à trouver des médecins traitants" en fonction des particularités locales.
"Nous avons déjà beaucoup travaillé sur l'attractivité des zones géographiques dépourvues de praticiens, assure la présidente d’Urbreizh. Ça passe par exemple par la découverte des territoires pendant les études, un recrutement plus homogène des étudiants, en dehors des grandes villes, le fait de délocaliser des antennes universitaires en zones rurales ..."
Des jeunes médecins dont les représentants se disent prêts à échanger avec le Premier ministre pour améliorer l'accès aux soins dans les déserts médicaux.