Pour lutter contre le manque de logements dans la commune, le patron d'une entreprise du Morbihan fait construire, à ses frais, des maisons destinées à la location, pour ses propres salariés. [Article initialement publié le 24 août 2025]
Situé dans un quartier résidentiel, à l'entrée de la commune de Beignon dans le Morbihan, le chantier de construction d'un lotissement d'une quarantaine de maisons neuves bat son plein.
Pour la première fois, Marilyne Poulizac visite le chantier de sa future maison. Pour elle, c'est le début d'une nouvelle vie. "Là où j'habite, je mets 35 à 40 minutes en voiture. Et là, à Beignon, je vais mettre 10 minutes à pied. C'est un changement de vie radical" se réjouit-elle. Un trois pièces au loyer identique à sa maison actuelle. 680 euros pour cette mère de deux enfants. En s'installant ici, elle va se rapprocher de son travail.
Un changement de vie radical
Maryline Poulizacsalariée de l'entreprise FenêtréA
Aux côtés de Marilyne, pour la visite, ce n'est pas son notaire qui a fait le déplacement. Mais c'est son propre patron qui joue les agents immobiliers : "en bas, c'est la pièce de vie, salon, cuisine, toilettes. Et en haut, salle de bain et chambre" détaille Dominique Lamballe, le PDG de l'entreprise FenêtréA, qui emploie 560 salariés.
Il y a deux ans, il a pris une décision inédite pour lutter contre le manque de logements. Il a acheté ce terrain d'un hectare à la commune et fait construire ce quartier de 41 maisons pour ses salariés. Un investissement de 7 millions d'euros, indispensable selon lui, pour pouvoir recruter et trouver une solution face au manque de logements.
On est dans une région où il y a 200 demandes de logements non pourvues.
Dominique LamballePDG entreprise FenêtréA
"On est dans une région où il y a 200 demandes de logements non pourvues, donc on sait que quand nous allons lancer une grande phase de logements pour faire venir les gens, s'ils ne peuvent pas se loger, ils ne vont pas pouvoir nous rejoindre" assure le chef d'entreprise breton. Son entreprise de fenêtres emploie aujourd'hui 560 salariés.
Des logements pour mieux recruter
Fin 2026, il compte en embaucher 100 de plus sur un tout nouveau site de production. Avant la construction du lotissement, elle avait du mal à recruter. Yann Le Breton, par exemple, habite à 35 km de l'usine. Il a longtemps hésité avant de venir travailler ici.
"On se pose la question. Combien ça va nous coûter par mois en frais kilométriques, en voiture, en usure de voiture, de tout" raconte le salarié de Dominique Lamballe. Chaque année, l'entreprise enregistre même une dizaine de démissions directement liées à la crise du logement dans le secteur.
Les maisons seront prêtes à accueillir les salariés d'ici à 2027. À terme, ils pourront même les acheter pour s'installer définitivement sur la commune.