"Tu vas nous suivre. Aujourd'hui, on ne rigole plus" : un boulanger victime d'une tentative d'enlèvement, trois personnes interpellées

Christophe Nadal, propriétaire de boulangeries à Orléans dans le Loiret, affirme avoir échappé à un enlèvement. Le 19 novembre, trois hommes auraient tenté de l’embarquer de force avec eux, après un litige commercial avec un garage breton. Une enquête a été ouverte.

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L'histoire aurait pu très vite tourner au drame. Christophe Nadal, à la tête de la chaîne de boulangeries du même nom dans l'agglomération orléanaise, raconte avoir échappé de justesse à une tentative d'enlèvement sur fond de différend commercial, comme l'ont révélé nos confrères de la République du Centre.

Tentative d’enlèvement en plein centre-ville

Mercredi 19 novembre, trois personnes débarquent dans le bureau de Christophe Nadal. "Ils sont venus à trois hommes dans mon bureau pour m'enlever, c'est leur mot exact. Ils m’ont dit 'De toute façon, tu vas nous suivre, t'as pas compris. Aujourd'hui, on ne rigole plus. On vient, on t'emmène, on va chercher le véhicule et après, on verra'." Il les suit dans un premier temps, avant de tenter de s'échapper :

En sortant de mon bureau qui est aux Halles-Châtelet, au-dessus de ma boulangerie, je me suis enfui. Ils m'ont pourchassé tout de suite. Je me suis retrouvé dans la rue, et je me suis dit qu’il faut que je me réfugie chez un commerçant pour pouvoir appeler la police.

Christophe Nadal, propriétaire de boulangeries

Un des membres du trio le rattrape : "Le plus balèze me rattrape et me coupe la route. Il m'a collé contre le mur." Témoins de la scène, des commerçants appellent la police. "Avant cela, les trois sont venus les voir pour demander où trouver M. Christophe Nadal. Ils ont trouvé ça louche. Quand ils m'ont vu passer devant eux en courant, ils ont dit, là, il y a un problème donc ils ont pris l'initiative d'appeler la police."

Les forces de l’ordre interviennent. Christophe Nadal leur raconte le déroulement de ce qui vient de se passer. Elles embarquent finalement les trois hommes.

Un banal différend commercial

Tout commence en mai 2023, pour Christophe Nadal. Il choisit un van, dans un garage repéré sur le site Le Bon Coin : "J'ai fait l'acquisition de ce véhicule, à Lanester, dans le Morbihan." Le boulanger a tout de même un mauvais pressentiment : "Par rapport aux photos, il y avait des défauts qui n’étaient pas normaux sur un véhicule de cette gamme-là, et de ce prix-là. Quand j’en avais fait part au vendeur, il m'a fait comprendre que c'était comme ça et pas autrement. Si je laissais le véhicule, il me faisait comprendre que j'allais perdre ma caution d’à peu près 10 000 euros."

Ayant besoin de ce véhicule, il en prend livraison. "Je repars avec, car une semaine après, j'avais un week-end de prévu en famille et on faisait un peu de route. Par inadvertance, les passagers arrière ont appuyé sur l'ouverture des portes qui comme dans toute voiture sont verrouillées. En roulant à 80 ou 90 km/h, les portes latérales automatiques du véhicule se sont ouvertes. Il y a eu un vent de panique", relate Christophe Nadal.

"J'ai décidé, en revenant sur Orléans, de faire venir un expert et de faire constater les défauts du véhicule, avec les défauts de la vente." Le résultat tombe, et le garage d’origine semble se défausser de ses responsabilités selon le boulanger : "Il y a eu deux expertises où on a convié le garage, pour qu'il contrôle par lui-même le rapport de l'expert. Ces gens-là n'ont jamais trouvé la nécessité de se déplacer. Lorsque le véhicule a été mis sur un pont, on s'est rendu compte que le châssis avait été transformé et découpé. Il était impropre à la circulation."

Sans compter une carte grise qui se fait attendre, jusqu’à aujourd’hui encore. "Lors de la vente, il m'avait signifié que ça pouvait mettre un délai d’un à deux mois, soit les délais légaux. Aujourd'hui, deux ans et demi après il n'y a toujours pas de carte grise."

Remboursement et représailles

La décision est prise, pour Christophe Nadal. Il s’estime floué et demande l’annulation de la vente. "On a monté un dossier, avec mon avocat. Ils ont été condamnés à me rembourser le véhicule, m'indemniser de diverses sommes, notamment du gardiennage, comme je ne peux pas m'en servir, mais ça a quand même mis plus d'un an avant que le tribunal ne statue", complète-t-il.

Pas de réponse de la partie adverse, selon le commerçant. Il passe à un niveau supérieur : "Ils n’ont pas versé l’argent demandé, donc un huissier a fait le nécessaire. On a récupéré une partie de la somme, mais il en restait une partie quand même assez conséquente. Ils ont en parallèle une pénalité de 500 euros par jour que le tribunal a décidé, pour régler ce qu'ils avaient régler."

Un acte qui irrite les vendeurs du véhicule. Un homme finit par venir à Orléans, directement dans un des locaux de Christophe Nadal. Il se présente comme le propriétaire du garage. "Il est venu me voir en me disant qu’il faut qu’on mette un terme aujourd’hui à cette situation, et me dit 'Je repars avec le véhicule aujourd'hui et on arrête l'histoire, parce que ça commence à me coûter très cher'. Ce à quoi je lui réponds qu’il faut qu’il paie ce qu’il me doit. Il me réplique alors qu’il est dans l'obligation de récupérer le véhicule. Je suis d’accord, mais il faut d’abord qu’il me rembourse ce que le jugement a prévu. Lui me maintient que ça a été réglé. Pourtant, nous sommes aujourd’hui le 24 novembre et je n’ai toujours pas cet argent-là", nous déclare-t-il.

Une solution amiable finit par être trouvée : "Pour couper la procédure, on trouve un arrangement. Au lieu des 500 euros par jour donc sur 10 mois, je lui demande de me trouver un petit véhicule, à 2 000 ou 3 000 euros. On n'en parle plus et on passe à autre chose." Mais le 18 novembre, le vendeur rappelle le boulanger, et revient sur l'accord conclu, en lui disant "que je n'étais pas un homme raisonnable et qu'il fallait honorer ce que j'avais dit." Christophe Nadal met un terme à la conversation et décide de poursuivre la procédure judiciaire.

Les investigations en cours

Suite à l'altercation du 19 novembre, une enquête a été ouverte par la procureure de la République d'Orléans. C’est ce que nous confirme le parquet, contacté ce lundi 24 novembre : "Des garde-à-vue ont été prises, puis levées, les investigations se poursuivant en préliminaire pour établir si des infractions sont constituées."

Interrogé quant à la vente du véhicule, le parquet apporte une autre précision : "Un litige de nature commerciale semble exister entre les protagonistes, le parquet conduit les investigations selon les principes fondamentaux, indépendamment de la qualité des personnes impliquées : impartialité et application de la loi." Le propriétaire du garage mis en cause, quant à lui, n'a pas donné suite à nos sollicitations.

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