Des wagons électriques, sans conducteur, qui freinent tout seul. L'Ecotrain est un vraie révolution dans le milieu ferroviaire et une fierté régionale puisque ce bijou de technologie a été, en partie, fabriqué par l'entreprise Socofer, basée à Saint-Pierre-des-Corps.
Sous les yeux émerveillés des ingénieurs qui ont travaillé sur ce prototype ... la navette démarre. Tout est automatisé, commandé à distance depuis un logiciel. Plus besoin de conducteur.
Une navette qui roule et freine grâce à l'IA
Le wagon est également équipé d'un système de capteurs, capables de détecter le moindre obstacle sur les voies, et de freiner tout seul. Cette technique de pointe - l'analyse en temps réel de l’environnement autour du véhicule grâce à l'IA - a été développée par les ingénieurs de l'IMT Nord-Europe.
A l'avant du train, il y a trois caméras courte portée et une caméra longue portée. Ainsi qu'une ceinture ultrasonore pour les obstacles qui sont très près. Cela va permettre d'activer un freinage d'urgence
Justin Bescop, ingénieur-chercheur à l'IMT Nord-EuropeFrance 3 CVDL
Autre innovation de l'Ecotrain : sa légèreté. La structure pèse 16 tonnes, soit deux fois moins qu'un véhicule classique. La cabine du train, par exemple, a été fabriquée avec des matériaux composites, notamment de la fibre de verre et de lin.
Le petit train "made in Touraine"
La navette fonctionne uniquement à l'électrique, grâce à des batteries placées sous la carlingue de l'appareil. Une mécanique imaginée et développée par les ingénieurs de Socofer, entreprise spécialisée dans le ferroviaire, basée à Saint-Pierre-des-Corps.
On est sur des batteries assez fiables, qui sont issues de l'industrie automobile. On est sur des technologies moins chères que des choses que l'on peut avoir dans le ferroviaire. Mais on est quand même sur une autonomie, en condition réelle, d'au moins 400 à 500 km
Killian Hamon, chargé d'étude en mécanique chez SocoferFrance 3 CVDL
Destiné en 1er lieu au transport de voyageurs - une quarantaine par wagon - l'Ecotrain pourrait aussi servir pour le fret de proximité. L'objectif est de redynamiser les petites lignes en zone rurale. Une initiative et une innovation uniques en Europe. Mais il manque encore des financements pour finaliser et commercialiser le projet.
En série, c'est des engins qui sont vendus environ 800 000 euros pièce. Avec une dizaine de millions d'euros d'argent public - on aura aucune difficulté ensuite à trouver des fonds privés - on pourra largement démarrer la 1ère ligne dans les délais.
Philippe Bourguignon, président-fondateur d'EcotrainFrance 3 CVDL
L'objectif serait de lancer la production d'ici les 3 prochaines années, avec une mise en circulation en 2030...