Jean-Louis Werner est 7e dan de Goshin-Jutsu, un art martial japonais. Dans son dojo de Gundershoffen (Bas-Rhin), il enseigne à la fois des techniques de défense et une discipline intérieure. Sa devise : l'harmonie entre le corps et l'esprit.
Comme dans un récit des temps anciens, c'est par la rencontre avec son maître que le voyage de Jean-Louis Werner commence. En 1982, il fait la connaissance de Sōke (Grand Maître) Hisashi Nakamura, de passage en Alsace à ce moment. Ce dernier remarque alors que le jeune homme montre des dispositions particulières pour les arts martiaux et le prend sous son aile. Dix ans durant, il accompagnera son disciple et lui transmettra son savoir. Un souvenir que Jean-Louis évoque encore aujourd'hui avec beaucoup de fierté.
Car s'il pratiquait un sport de combat depuis quelques temps déjà, jamais il n'aurait imaginé devenir l'élève d'un héritier d'une longue lignée. A présent, devenu maître lui-même, après 40 ans de pratique, il conserve précieusement chez lui le portrait de celui qui a changé son destin.
Dans son dojo de Gundershoffen, il transmet à son tour ce qui lui a été enseigné. Au sein de son école, il propose un éventail de techniques destinées à la protection du corps. En effet, Goshin-Jutsu se traduit par "voie de la protection par la technique". Car une bonne pratique ne s'improvise pas, l'accompagnement d'un enseignant étant indispensable, aussi bien au niveau physique que spirituel.
Sabre, couteau, bâton,... les élèves apprennent à manier et à se défendre contre différentes armes, dans différentes situations. Un enseignement que Jean-Louis Werner a particulièrement à coeur de prodiguer aux femmes.
Par les temps qui courent, les rues ne sont pas sûres. Pour une femme, apprendre le Goshin-Jutsu peut être très bénéfique.
Jean-Louis Werner
Esquives, frappes, prises : rien n'est laissé au hasard dans les arts martiaux. Ni même les roulades et les techniques de chutes en toute sécurité. Car s'il est utile de savoir se défendre, il importe tout autant de ne pas se blesser dans le processus. Un détail dont Cyril Fernbach, 2e dan de Goshin-Jutsu, peut témoigner personnellement.
Apprendre à laisser le corps réagir
Cyril commence les arts martiaux à 18 ans avec Jean-Louis. D'abord venu par simple curiosité, il tombe rapidement en admiration devant la façon dont les élèves chutent sans bruit et sans se faire mal. La roulade est en effet une des premières techniques enseignées, permettant aux pratiquants de se réceptionner correctement, et d'éviter toute blessure inutile. Cyril ne le sait pas encore, mais ce qu'il voit ce jour-là lui sauvera la mise.
Quelques années plus tard, tandis qu'il se promène à moto, il perd le contrôle de son véhicule et fait une chute. Avant l'impact, son corps a immédiatement le réflexe... de faire une roulade. Un geste répété mille fois sur le tatami, tant et si bien qu'il s'est inscrit en lui comme une seconde nature. "C'était incroyable. Sans même y penser, j'ai roulé comme on me l'a appris." nous confie-t'il aujourd'hui, bien des années plus tard. Il en est convaincu : s'il s'en est si bien sorti, c'est grâce au Goshin-Jutsu.
Jean-Louis nous le confirme : maîtriser son art implique de pouvoir - dans une certaine mesure - débrancher son cerveau. Par la répétition et l'entraînement, le pratiquant acquiert une sorte d'instinct, de réflexe qui dépasse la simple pensée. C'est là toute la subtilité de l'harmonie entre le corps et l'esprit. L'un ne va pas sans l'autre, mais ils ne doivent pas se parasiter mutuellement.
Une pratique pour tous les âges
S'il accueille ses élèves de Goshin-Jutsu dans son dojo de Gundershoffen, il propose aussi d'autres activités à Niederbronn-les-Bains. Les seniors tout particulièrement peuvent suivre des cours de taïso, une forme de gymnastique douce faisant travailler la souplesse et la relaxation. Idéal pour entretenir son corps à son propre rythme, dans une ambiance détendue et bienveillante.
Bien vivre, et donc bien vieillir, est assurément fonction du soin apporté au corps et à l'esprit. Deux éléments qui tendent à être considérés séparément, mais qui doivent en réalité former un tout harmonieux.