C'est une mauvaise nouvelle pour le monde viticole. Les ventes de vin ont chuté en 2024 et se retrouvent à leur plus bas niveau depuis 1961. Mais les vins alsaciens limitent la casse.
Augmentation des prix, mauvaises récoltes ou encore changement d'habitudes, les ventes de vin ont chuté en 2024. Une baisse de 2,5 % a été constatée en Alsace, contre 3,5 % au niveau mondial.
L'augmentation des prix est une des raisons de cette chute : 30 % en moyenne, par rapport à 2019. Une bouteille à 10 euros il y a cinq ans coûte aujourd'hui 13 euros. Deux explications à cela : la hausse des coûts de production (engrais, carburants, électricité) mais aussi des faibles niveaux de production de raisin.
Un pichet... plutôt qu'une bouteille de vin
Dans ce restaurant de Marckolsheim (Bas-Rhin), les clients ont l'air de se régaler, mais question alcool le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils sont raisonnables. Et pour cause, la bouteille de vin est de plus en plus souvent remplacée sur la table par un pichet beaucoup plus petit. "Par rapport à avant, on consomme nettement moins. On n'est plus jeune comme avant et ensuite, il y a la peur du gendarme", souligne Sophie, une cliente.
"Les gens dans le passé prenaient plutôt un demi. Maintenant, ils prendront plutôt juste un verre de vin ou un apéritif", constate la gérante du restaurant. Elle ajoute : "Pour le restaurant, c'est un gros manque à gagner". Dans les années 60, un Français consommait 120 litres de vin par an en moyenne. Aujourd'hui, on est passé à 40 litres.
Des sommeliers dans les supermarchés
En 2024, la consommation de vin dans le monde a chuté de 3,5 %, de 2,5 % en Alsace et de 5,1 % pour les vins de Bordeaux, les plus à la peine.
Pour tirer leur épingle du jeu, les commerçants multiplient les promotions. Dans un supermarché de Marckolsheim, un sommelier a même été embauché pour conseiller les indécis. Et ça marche, ici les ventes sont en hausse, mais il faut redoubler d'effort.
"Pour éviter cette baisse inéluctable, il y a un travail de fond à faire. Le rayon doit être vivant, il faut mettre en avant des produits qualitatifs que les gens n'ont pas vus avant. Les clients sont vraiment réceptifs à ça, par expérience, c'est ce que je constate", déclare Malcom Joannes, responsable du rayon vin du Super U.
"Le crémant d'Alsace a bien progressé en 2024"
Malgré une conjoncture défavorable, dans le vignoble alsacien, on ne s'affole pas. Georges Lorentz, viticulteur à Bergheim, vend plus d'un million de bouteilles par an à travers le monde. Et pour lui, ce qui sauve l'Alsace, c'est le vin blanc."Le vignoble alsacien produit des vins blancs à 90 %. Donc les vins blancs sont quand même moins touchés par la mé-consommation que les vins rouges. En plus, nous avons au moins 30 % de vins effervescents, comme le crémant d'Alsace qui a bien progressé en 2024", explique-t-il.
Baisse de la consommation, taxe douanière aux États-Unis, le vin français est en pleine turbulence.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.