Deux nandous ont été capturés à Obersteinbach, dans le Bas-Rhin, les 20 et 23 octobre. Ces cousins de l'autruche ont donné du fil à retordre aux gendarmes et aux pompiers, mobilisés en nombre pour la traque. Leur sort est loin d'être scellé, les autorités ne trouvant pas de refuge définitif.
La traque pourrait faire sourire avec le recul, mais sur le moment, les gendarmes de Woerth n'ont pas ri. Ces derniers jours, ils ont été mobilisés à Obersteinbach pour aider les pompiers à retrouver et maîtriser deux nandous, repérés une première fois de l'autre côté de la frontière à Schönau, une commune allemande, le 12 octobre.
Cet oiseau, cousin de l'autruche, est incapable de voler mais reste très rapide, jusqu'à 60 km/h. "Il se déplaçait plus vite que nos militaires mais nous avons fini par y arriver pour le premier le 20 octobre", nous informe la gendarmerie ce mardi 28 octobre, confirmant une information des Dernières Nouvelles d'Alsace.
"Les gendarmes ont été nombreux pour le maintenir au sol en attendant que le matériel n'arrive sur place pour le transfert vers le centre équestre d'Obersteinbach", raconte la gendarmerie. Le deuxième nandou a erré encore quelques jours, jusqu'à sa capture le jeudi 23 octobre.
Un certificat nécessaire pour détenir un nandou
L'animal n'étant ni pucé ni bagué, le propriétaire n'a pas pu être identifié par les autorités. "Ils avaient d'abord été repérés côté allemand, alors on suppose qu'ils appartiennent à un particulier là-bas, car il semblerait que le nandou soit considéré comme un animal domestique en Allemagne", renseigne la gendarmerie.
L'histoire pourrait s'arrêter là. Elle ne fait pourtant que commencer. "Je passe une dizaine d'appels par jour rien que pour les nandous", souffle la maire d'Obersteinbach, Céline Sturm, ce mardi 28 octobre, plus d'une semaine après la première capture. Les zoos, les éleveurs particuliers, le service gouvernemental en charge de la protection de la santé des animaux...Tous les interlocuteurs sont bons pour parvenir à trouver un refuge définitif pour les deux nandous. "Le problème c'est que la loi en France considère que les nandous sont des animaux dangereux, et exige du propriétaire un document et une formation spécifiques, ce qui réduit les possibilités de trouver quelqu'un prêt à s'investir à ce point", expose Céline Sturm.
À l’heure actuelle, c'est Sylvie-Anne Hofmans, propriétaire du centre équestre d'Obersteinbach, qui héberge les deux oiseaux. Elle se dit ravie. "C'est une chance de fou : je sors le matin, en pyjama, rien que pour les regarder. Ce sont de très belles bêtes." Elle s'est même renseignée auprès d'un ancien éleveur : il faut les nourrir avec du pain trempé et des graines, et aménager un box d'une hauteur d'au moins 1m60.
La pire des issues potentielles : l'euthanasie
Mais cela ne peut pas durer éternellement : l'arrêté municipal ne lui autorise la détention de l'animal que pendant huit jours à compter du 22 octobre. Jeudi soir, à moins d'un renouvellement temporaire de l'arrêté - la mairie travaille en ce sens -, les services de l'Etat pourraient venir récupérer les oiseaux. "J'ai compris qu'il y avait un risque qu'ils soient euthanasiés et je trouve ça horrible. Moi, je pourrais les garder, mais je n'ai pas cette autorisation..."
L'État stipule en effet que pour détenir un animal inscrit sur la liste des espèces non domestiques, il est obligatoire d'avoir un certificat de capacité. Il faut pour cela constituer un dossier conséquent prouvant que l'on a les connaissances pour l'entretien des animaux, des installations de qualité, ou encore des compétences en matière de sécurité vis-à-vis de l'animal. "J'ai vu leurs griffes de près et je dois dire que c'est impressionnant, donc d'un côté, je comprends que ce soit si encadré, confie la maire Céline Sturm. Mais concrètement, c'est aussi ça qui nous rend la tâche si difficile, car il faut les trouver, ces personnes motivées, compétentes et prêtes à s'investir autant."
Si aucune solution définitive n'est trouvée, les nandous pourraient effectivement être euthanasiés. C'est ce qu'indique l'arrêté municipal. "Mais on n'y pense pas du tout pour l'instant, tout le monde est mobilisé pour trouver une solution, lance la maire. On garde bon espoir !" Toute personne à la fois intéressée et se sachant en capacité d'accueillir ces deux nandous est invitée à appeler le 17.