Tirs de mortier sur la police après Reims-Laval : le supporter rémois mis en examen et placé en détention provisoire reconnaît les faits

 Les supporters lors du match entre le Stade de Reims et Laval le 8 décembre.
Les supporters lors du match entre le Stade de Reims et Laval le 8 décembre. © Aurélien Laudy / MAXPPP

Un homme a été placé le 10 décembre au soir en détention provisoire et mis en examen pour violence avec armes sur personne dépositaire de l’autorité publique. Le 8 décembre, il avait blessé gravement un policier avec un mortier d’artifice après le match Reims-Laval (Ligue 2).

Il était près de 18h ce mercredi 10 décembre, lorsque la juge des libertés et de la détention a remis son jugement. Le supporter du Stade de Reims accusé d’avoir visé des forces de l’ordre avec un mortier d’artifice lundi soir après le match face à Laval dormira en prison. Placé en détention provisoire, il avait été mis en examen plus tôt dans l’après-midi pour violences avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique avec incapacité de travail supérieure à 8 jours. Il risque quinze ans de prison.

Après avoir nié dans un premier temps les faits, l’homme de 36 ans a ensuite reconnu avoir fait usage du mortier d’artifice, blessant 5 policiers dont un gravement. Selon les premières constatations médicales, l’agent a les deux tympans perforés et a subi des brûlures au visage, les autres souffrent d'acouphènes. 15 plaintes de policiers ont été déposées.

Selon le procureur de la République, présent en conférence de presse ce jeudi 11 décembre, trois tirs ont été effectués par une même arme. Le projectile l’a d’abord percuté à l’épaule puis a rebondi sur son casque. “Des tirs tendus extrêmement dangereux qui peuvent tuer quelqu’un” a précisé le Procureur.

La circonstance aggravante d’avoir occasionné “une incapacité permanente” n’a pas été retenue ce mercredi. Le juge a considéré qu’il était encore trop tôt pour déterminer le caractère définitif ou provisoire de la surdité du policier touché. Si les futures expertises médicales évaluent que la perte du policier est définitive, celle-ci pourrait donc être retenue et le prévenu renvoyé devant la cour Criminelle. La peine encourue est de 15 ans de réclusion criminelle.

Un supporter récidiviste et proche de l’ultra-droite néonazie

Ce supporter domicilié à Fismes (Marne) était connu de la justice puisqu’il a déjà été condamné pour violences aggravées, détention illégale d’artifices dans un stade et pour violences conjugales. Une dernière condamnation qui l’a déjà conduit derrière les barreaux.

Le prévenu appartenait aussi aux Mesos, un groupuscule de hooligans rémois. Régulièrement associés à l'extrême droite néonazie, ces ultras, sont parfois aperçus au stade Auguste-Delaune et aiment se mélanger en tribune Jonquet avec le groupe officiel des supporters Ultrem 1995.

Des tensions entre Ultrem et agents de sécurité à l’origine

Mais alors que s’est-il passé pour en arriver là ? À l’occasion de ce match face à Laval - remporté 4-0 par les Rouge et Blanc - les joueurs du Stade de Reims portaient des maillots avec le logo des Ultrem 1995. “Ces maillots devaient être remis aux Ultrem afin d’organiser une vente aux enchères dont les bénéfices seraient reversés intégralement à l’Institut” (l'Institut Gustave Roussy qui mène des recherches pour la lutte contre le cancer), a déclaré le Groupe de supporters dans un long post sur Facebook. Selon eux, tous les joueurs ne leur ont pas remis les maillots à la fin du match. La direction du Stade de Reims, en complément de son communiqué publié mardi soir, nous a de son côté affirmé que “tous les maillots seraient bien remis aux Ultrem comme prévu”.

D'après le groupe de supporters, c’est pourtant cette incompréhension qui a poussé le président des Ultrem 1995 à s’introduire sur la pelouse. À la suite d’échanges houleux avec les agents de sécurité, il a ensuite été interpellé par les forces de l’ordre, ce qui a encore plus provoqué la colère du groupe ultra.

À la suite de ces tensions, le groupe de supporters restants (entre 30 et 50) va être raccompagné en dehors du stade Auguste-Delaune dans un climat tendu. “Nous n’étions pas 50 à sortir en furie du stade pour en découdre avec les policiers à coups de pétards en tout genre.” ont-ils déclaré. Les Ultrem disent aussi alors avoir voulu “conclure par un dernier verre” avant que “la maréchaussée revienne vers nous afin de nous faire décamper manu militari.”

Il est environ 23h30. S’ensuivent alors sur le parking René-Tys, à côté du stade, les 3 ou 4 tirs de mortiers d’artifice de ce membre des Mesos vers les forces de l’ordre. “Nous regrettons évidemment la finalité de cette soirée et assumons pleinement notre part de responsabilité dans l’évolution des incidents, ont reconnu les Ultrem 1995, sans pour autant cautionner que tout un groupe soit condamné sur la place publique, à la merci de la vindicte populaire, pour l’acte isolé d’un seul individu.”

Le procureur de la République a aussi ajouté que ce supporter était fortement alcoolisé et avait bu “une bouteille de vodka et plusieurs bières”. Un autre ultra, qui lui aurait donné le mortier d’artifice, est toujours recherché. L’enquête continue pour déterminer quelles sont les autres personnes impliquées dans ces violences envers les policiers, s’il y en a.

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