Une enquête du syndicat Snes-FSU, publiée ce lundi 7 septembre 2026, alerte sur le manque de professeurs et de personnels éducatifs dans 69 % dans les lycées et collèges pour cette rentrée. La Normandie ne fait pas exception avec la moitié des établissements qui compte au moins un professeur manquant.
Il manque au moins un professeur dans la moitié des collèges et lycées de Normandie pour cette rentrée 2026. C'est ce qu'indique le syndicat Snes-FSU dans une enquête publiée ce lundi 7 septembre.
En effet, la région Normandie s'inscrit dans la moyenne française avec au moins un professeur manquant dans 50,8 % des établissements secondaires de l’académie de Normandie. La moyenne nationale s'établissant à 53 %.
L'académie de Normandie nous a confirmé qu'il manquait au moins un enseignant dans la moitié des collèges de Seine-Maritime. C'est en tout cas ce qui a été remonté par 32 établissements sur 101. Certains sont particulièrement touchés, avec jusqu'à cinq professeurs manquants.
Parmi eux, les collèges Mandela à Elbeuf, Jacques Émile Blanche à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, Jean Charcot à Oissel, Rollon à Gournay-en-Bray et Fontenelle à Rouen. C'est le cas aussi des lycées Le Corbusier à Saint-Etienne-du-Rouvray et Guillaume le Conquérant à Lillebonne.
Plus globalement, 2/3 des collèges et lycées français ont fait leur rentrée scolaire la semaine dernière avec une équipe incomplète. Des chiffres similaires à l'année précédente.
Des professeurs manquants dans toutes les matières
Selon Claire-Marie Féret, professeure de Français au collège de Canteleu et cosecrétaire académique du syndicat SNES-FSU Normandie : "Traditionnellement, c'est en mathématiques qu'il manque le plus de professeurs, beaucoup d'élèves n'ont pas de professeurs mathématiques à la rentrée. Mais désormais, ça dépasse largement le cadre des mathématiques et ça touche presque l'ensemble des disciplines".
Ces résultats ne nous surprennent pas, c'est un métier qui n'attire plus à cause de la dégradation des conditions de travail.
Claire-Marie Féret, cosecrétaire académique du SNES-FSU Normandie
"Le manque d'effectifs s'explique par le manque d'attractivité du métier. Le déclassement salarial, la dégradation des conditions de travail, les effectifs dans les classes, les réformes qui s'enchaînent et qui entraînent une perte de sens au travail, tous ces éléments font qu'il y a de moins en moins de candidats pour être professeur", détaille Claire-Marie Féret.
L'Éducation nationale devra aussi s'adapter et anticiper le congé supplémentaire de naissances, en vigueur seulement depuis le 1er juillet et qui devrait provoquer davantage d'absences chez les professeurs.
Le pire c'est dans les quartiers prioritaires ou à la campagne.
Claire-Marie Féret, cosecrétaire académique du SNES-FSU Normandie
Le manque de professeurs pèse directement sur les remplaçants, selon la syndicaliste. "Ce sont eux ensuite qui vont être affectés dans des conditions très difficiles, souvent sur deux établissements, parfois très loin de leur domicile. C'est compliqué pour eux de tenir sur la durée dans ces conditions", rapporte-t-elle.
Les conséquences se feront aussi sentir sur les élèves et professeurs restants selon elle : "Les élèves vont avoir beaucoup d'heures de permanences, certains programmes ne seront pas traités. Les professeurs qui sont là seront sous pression pour accepter beaucoup plus d'heures supplémentaires".
Des suppressions de postes liées à la baisse démographique
L'annonce avait été faite en janvier dernier, 303 postes d'enseignants ont été supprimés dans l'académie de Normandie pour cette rentrée 2026. Ces suppressions d'emplois effectués plus largement sur l'ensemble du territoire sont liées à la baisse démographique observée depuis 2010 par le gouvernement.
100% des classes qui devaient être dédoublées dans les zones d'éducation prioritaire l'ont été.
Natacha Chicot, rectrice de l'académie de Normandie
Ces suppressions ne sont donc pas censées impacter le taux d'encadrement des élèves selon Natacha Chicot, la nouvelle rectrice de l'académie de Normandie : "La diminution du nombre d'emplois n'est absolument pas proportionnelle à la diminution des effectifs. D'ailleurs, dans le premier degré, on va encore constater dans les cinq départements une amélioration du taux d'encadrement."
Un constat qui n'est pas partagé par la syndicaliste Claire-Marie Féret : "C'est la 9e rentrée où l'on a des suppressions de postes. Ça a des conséquences directes sur les conditions de travail. On manque de profs mais aussi d'AED, d'AESH, de psychologues. Certains AESH ont 10 à 12 élèves à accompagner par semaine, on n’est pas du tout à la hauteur des besoins des élèves."
La baisse démographique est un prétexte pour supprimer des emplois.
Claire-Marie Féret, cosecrétaire académique du SNES-FSU Normandie
En Normandie, il manque au moins un AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) dans 15,5 % des collèges et lycées, un nombre qui correspond à la moyenne nationale de 17 %.
Un mouvement de grève est prévu par l'intersyndicale le 29 septembre prochain. Les professeurs dénoncent le gel des salaires ainsi que la dégradation de leurs conditions de travail.