L'avocat du nouveau détenu de la prison de Condé-sur-Sarthe affirme qu'Amra aurait été blessé le 24 mars suite à l'intervention de surveillants dans sa cellule. L'administration pénitentiaire apporte des informations qui contredisent le récit du Rouennais placé à l'isolement depuis un mois.
Le Rouennais Mohamed Amra vit depuis 35 jours et 35 nuits sous haute surveillance au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne).
Le fugitif du commando d'Incarville, poursuivi pour le meurtre de deux agents de l'administration pénitentiaire, a eu 31 ans le 10 mars dernier.
La version du défenseur de Mohamed Amra
Son avocat, Maître Benoît David, a déposé un référé liberté ce 2 avril devant le tribunal administratif de Caen pour consulter des images de surveillance de la prison. Il cherche des éléments sur un incident qui se serait produit lundi 24 mars.
Joint par nos confrères de franceinfo, le défenseur de Mohamed Amra déclare que des surveillants sont rentrés dans la cellule et alors qu'il se plaignait du fait que ses menottes étaient trop serrées, les gardiens l'auraient bloqué par terre et auraient cassé sa cheville.
D'après Maître David qui a vu Mohamed Amra quatre jours après les faits, le narcotrafiquant portait un plâtre. Toujours d'après l'avocat, l'administration pénitentiaire a refusé que le détenu porte des béquilles, car cela aurait pu lui servir d'arme.
L'avocat va déposer une requête sur les conditions de détention de Mohamed Amra auprès du juge des libertés et de la détention de Paris, apprend-on de franceinfo.
La réponse de l'administration pénitentiaire
Jointe ce 2 avril par France 3 Normandie, l'administration pénitentiaire confirme qu'il y a eu un incident en détention avec Mohamed Amra et donne cette description des faits :
« Le 24 mars en milieu d’après-midi, alors qu’il était réintégré dans sa cellule à l'issue d'une fouille, la personne détenue M. Amra a opposé une résistance aux agents avant de porter deux coups de pied dans une grille de sa cellule. Se plaignant ensuite de douleurs, il a été pris en charge par l’USMP (Unité sanitaire en milieux pénitentiaires) en consultation en fin d’après-midi afin de traiter cette blessure légère. »
L'administration précise qu'il n'y a eu aucun blessé parmi les surveillants et qu'aucune poursuite n'est engagée contre quiconque.