La drogue transitait par Le Havre : fin de cavale pour Joël Soudron, l'un des trafiquants les plus recherchés

En fuite depuis plusieurs années, Joël Soudron, figure du narcotrafic français, a été interpellé au Panama. Il est notamment soupçonné d’avoir orchestré un vaste trafic de cocaïne transitant par le port du Havre (Seine-Maritime).

Sa cavale aura duré plusieurs années. Joël Soudron, 46 ans, considéré comme l’un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été arrêté lundi 30 mars 2026 au Panama, a indiqué mardi la procureure de Paris Laure Beccuau, confirmant les informations du journal Le Monde.

La procédure d’extradition vers la France est désormais en cours. Il devra répondre devant la justice d’un important dossier de trafic de cocaïne, avec un procès déjà prévu le 11 juin 2026 à Paris.

Originaire de Guadeloupe, l’homme était parvenu à échapper aux autorités en multipliant les identités et les faux passeports.

Un trafic massif passé par le port du Havre

C’est un coup de filet réalisé en Normandie qui avait permis de remonter jusqu’à lui. Le 18 novembre 2011, les douaniers découvrent 231 kilos de cocaïne dans un conteneur en provenance de Guadeloupe, au port du Havre (Seine-Maritime).

Dans la foulée, une opération menée à Baie-Mahault (Guadeloupe) dans les locaux de l'entreprise de déménagement ayant organisé le transport, "272 kg de cocaïne et 284.930 euros avaient été saisis et la gérante avait été interpellée", rapporte Mme Beccuau dans un communiqué.

Le butin a été découvert, le 18 novembre 2011, dans un conteneur en provenance de Guadeloupe © Direction des douanes de Montreuil

Les investigations menées par l’Office anti-stupéfiants ont ensuite mis en lumière un trafic bien plus large. "De 20 à 30 convois de cocaïne avaient été réalisés depuis 2005", dont plusieurs pour la seule année 2011, détaille encore Laure Beccuau.

Une organisation discrète et structurée

Les enquêteurs décrivent un profil atypique dans le milieu du narcotrafic. "Il est apparu directement à la tête d’un trafic immense, à la grande surprise de tout le monde", confiait à l’époque un policier, soulignant la discrétion du suspect.

L’argent généré, "plusieurs dizaines de millions d’euros" selon une source policière, aurait été réinvesti dans l’économie légale, notamment en Afrique, via des sociétés écrans et des prête-noms.

Un mode opératoire qui le distingue de profils plus visibles : "une volonté de discrétion", loin des narcotrafiquants plus exposés, souligne un enquêteur.

Une évasion en 2018 et des années de fuite

Déjà impliqué dans une autre affaire de stupéfiants, Joël Soudron s’était évadé en décembre 2018 lors d’une permission de sortie, alors qu’il était incarcéré en France. Il avait ensuite quitté le territoire et poursuivi sa cavale à l’étranger.

Avant cela, il avait été interpellé au Mali en 2016 dans le cadre d’une autre procédure. Dans un dossier plus ancien, il avait également été condamné en son absence à six ans de prison par le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne).

Un procès déjà fixé

Désormais arrêté, Joël Soudron connaît déjà la date de son procès. Il doit comparaître le 11 juin 2026 à Paris pour répondre de plusieurs chefs d’accusation : "importation et trafic de stupéfiants", "blanchiment", "détention d'arme de catégorie B", "contrebande de marchandise dangereuse pour la santé", "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans".

Huit autres personnes seront également jugées dans ce dossier.

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