La ville de Saint-Saëns (Seine-Maritime) fêtait ce dimanche 27 septembre un légume qui n'a pas forcément la cote : le chou. Une variété de cette plante porte d'ailleurs le nom de la commune. Un légume qui a presque disparu mais qui est toujours présent grâce entre autres à un passionné : Gérard Mallet. Rencontre.
À 82 ans, Gérard Mallet est le gardien d'un patrimoine culinaire emblématique du pays de Bray, le chou de Saint-Saëns. Un légume peu consommé aujourd'hui mais qui existe pourtant depuis plusieurs siècles dans la région. "C'est une variété qui est très ancienne. J'ai découvert des écrits de 1850 d'un horticulteur rouennais, qui parlent du chou de Saint-Saëns, alors très connu en Normandie."
Une variété qui se perd
Gérard travaille ce chou depuis l'âge de 14 ans. Il était pour lui inconcevable de le voir disparaître. Car si entre les deux guerres, il se vendait chaque année jusqu'à 100 000 pieds de ce légume, le nombre de cultivateurs de cette variété a très fortement diminué au fil du temps.
Les modes d'alimentation ont changé. On ne faisait plus beaucoup de potagers. On est plutôt passés sur de la floriculture à partir des années 1970.
Gérard Mallet, cultivateur de chou de Saint-Saëns
Grâce à ce passionné, cette spécialité est encore présente et certains en sont même mordus.
Un chou "à part"
"J'aime bien les autres choux mais celui de Saint-Saëns est à part. Je fais 40km chaque année pour venir en chercher. Il a quelque chose en plus, il n'y a qu'à le regarder. L'année dernière, j'en ai fait de 20 kilos.", raconte Jean-Paul, fan absolu de la variété.
Seule inquiétude pour la préservation du chou de Saint-Saëns : le climat et les périodes de sécheresse qui ne l'épargnent pas cette année.
Avec Grégory Archiapati et Stéphane L'Hôte