Le piquet de grève est officiellement levé à Lubrizol Rouen et Oudalle après la signature d'un accord ce jeudi 3 avril 2025. Les syndicats ont notamment obtenu de la direction une réduction du nombre de licenciements (106 contre 169). "Le résultat est beau, mais la réalité n'est pas si belle", selon un syndicaliste.
La grève illimitée déclenchée le 27 mars à Lubrizol a pris fin, après de très longues négociations. C'est dans la nuit du mercredi 2 avril au jeudi 3 avril 2025 qu'un accord a été trouvé, après l'obtention d'avancées significatives sur le PSE, le Plan de Sauvegarde de l'Emploi.
Il y a deux mois, Lubrizol France annonçait la suppression de près de la moitié des salariés, dans le cadre d’une réorganisation de ses activités. En tout, 169 postes étaient concernés sur les sites de Rouen et Oudalle (Seine-Maritime).
Un tiers d'emplois supprimés en moins
Mais jeudi 3 avril 2025, les syndicats ont obtenu une réduction considérable du nombre de postes concernés : on parle aujourd'hui de 106 postes supprimés. "Du moment qu'on peut sauver des emplois, c'est pas mal", réagit un salarié à la sortie de l'usine.
Autre avancée majeure, la prime supra légale, accordée aux partants, est passée de 6 000 à 100 000 euros. Des conditions avantageuses expliquées par les tensions commerciales du groupe avec ses partenaires, selon Francis Malandain, délégué syndical CFE CGC Lubrizol.
"La réalité n'est pas si belle"
Francis Malandain explique que la direction n'avait "pas d'autre choix" que de commencer "des vraies négociations" : "Les clients ont mis une énorme pression sur la direction, car ils risquaient d'être en rupture."
Reportage d'Yves Asernal et Pierre Léonard :
Francis Malandain rappelle cependant que des dizaines de salariés ne retrouveront pas leur emploi, notamment une partie des sous-traitants. Leur travail sera désormais effectué en interne. "Des entreprises extérieures avec lesquelles on bosse toute l'année vont aussi être sacrifiées. Et ça, ça fait mal au cœur."
Si cet accord arraché par les syndicats ressemble à une victoire, le délégué syndical n'a pas particulièrement le sourire. "Le résultat est beau, mais la réalité n'est pas si belle", conclut-il. La signature du plan de sauvegarde interviendra en mai prochain.