Les pilotes d'hélicoptères du Samu en grève depuis des semaines : ils tirent la sonnette d'alarme concernant leurs conditions de travail

En grève depuis la fin du mois de mai 2025, les pilotes d'hélicoptères rattachés au SAMU protestent contre ce qu'ils considèrent un important manque de reconnaissance salariale. Exemple à Rouen.

Sauver des vies en pilotant un hélicoptère, c'est le métier peu commun qu'ont choisi ces pilotes de l'entreprise SAF Hélicoptères affiliée au SAMU de Rouen.

Une activité dangereuse qui nécessite une certaine expérience de vol et de technicité. Pourtant, malgré ces aptitudes particulières qui justifient un salaire élevé, les pilotes considèrent ne pas être suffisamment rémunérés à la hauteur de leur profession.

Voir le reportage de Karima Saidi et Julie Howlett : 

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Semaines avec plus de 40 heures de travail, métier difficile et dangereux, les pilotes d'hélicoptères de secours font grève pour dénoncer leurs salaires qu'ils jugent trop bas. ©FTV / Karima Saidi, Julie Howlett

Les pilotes français de secours parmi les moins bien payés au monde

"J'ai commencé à 2 800 euros et je considère que ce n'est pas suffisant pour le type de métier que nous faisons. On fait entre 40 et 44 heures par semaine et si on compare à d'autres pays, comme le Guatemala d'où je viens, un pilote gagne 5 000 dollars", lâche abasourdi Freddy Gonzalez, pilote chez SAF Hélicoptères.

Une comparaison qui peut aussi s'appliquer à l'Allemagne ou au Royaume-Uni, où les salaires s'élèvent entre 5 500 et 6 000 euros net par mois, et qui provoque la colère des pilotes français qui ont choisi de faire grève.

Écart conséquent qui va jusqu'à même influenceur les embauches dans le secteur.

"Il faut que les entreprises et l'État mettent du leur"

Christophe Letouq, également pilote chez SAF Hélicoptères à Rouen et délégué syndical du Syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile (SNPNAC), reconnaît être désemparé face à la difficulté de l'antenne rouennaise à recruter un sixième pilote.

"On a du mal à recruter et les gens qu'on recrute ont juste les prérequis pour entrer en SAMU comme 1 500 heures de vol et je pense que ce n'est pas trop par rapport à la technicité que l'on nous demande. Il faut que les entreprises mettent du leur", confie-t-il, agacé.

Une demande que le ministère de la Santé semblait déjà avoir entendue avec un ajout de 50 millions d'euros au budget du secteur mais dont les pilotes n'ont toujours pas vu la couleur.

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