Le gravelot à collier interrompu avait presque disparu de Charente-Maritime, il y a dix ans. Sur l'île d'Oléron, des mesures de protection sont mises en place pour le lui permettre de nicher en toute sérénité.
Il est si discret qu'il passe souvent inaperçu sur les plages de l'île d'Oléron. Avec son plumage gris et blanc, le Gravelot à collier interrompu se confond avec le sable. En avril, cet oiseau marin protégé commence sa période de nidification. "Sa stratégie, c'est de se camoufler, donc de pondre des œufs de la même couleur que le sable. Il creuse une petite cuvette et la femelle va pondre deux à trois œufs dans la cuvette" explique Elisa Daviaud, chargée de mission au sein de la Ligue de Protection des Oiseaux de Poitou Charentes.
Il y a une dizaine d'années, l'espèce était en voie de disparition et ne comptait plus que quarante couples en Charente-Maritime. Le parc marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis décrète alors le gravelot à collier interrompu comme une espèce à enjeu majeur de préservation. Un réseau de partenaires (ONF, LPO, collectivités locales notamment) se constitue alors pour scruter les 170 kilomètres de plages et dénombrer les individus présents.
Depuis, chaque printemps, des balisages sont mis en place pour protéger les précieuses couvées, des promeneurs et de leurs chiens : "Le bon réflexe à avoir lorsque l'on a des balisages sur les plages, c'est de prendre de la distance, martèle Emeline Le Guévello, chargée d'études espaces naturels au sein de la Communauté de communes de l'île d'Oléron. On peut venir s'informer avec les panneaux en amont et en aval de chaque nid ce qui va nous permettre de sensibiliser aussi. Oléron représente 70% de la population départementale de gravelot à collier interrompu. On peut monter à 70, 80 nids chaque saison, donc on a une vraie responsabilité dans sa préservation" ajoute-t-elle.
En 2025, les efforts de protection ont porté leurs fruits car 150 couples de gravelot à collier interrompu sont repérés. "Le nombre de poussins augmente d'année en année. En 2025, on a battu un record avec 313 poussins qui ont été dénombrés au cours de la saison de reproduction. C'est la preuve que les mesures de protection qu'on met en place sont efficaces et que la dynamique de réseaux fonctionne", se réjouit Aurélie Dessier, coordinatrice de projet au Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis.
En France, la destruction volontaire d'un nid d'oiseaux peut entraîner une amende allant jusqu'à 15 000€ et jusqu'à trois ans d'emprisonnement, en fonction de l'infraction, et ce, même s'il semble abandonné.