"C'est la 8e inondation en 10 ans, on se sent abandonnés" : une famille de Taillebourg appelle les pouvoirs publics à l'aide

La famille Dupuy vit sa 8e inondation depuis son emménagement en 2018. Aucuns travaux ne semblent pouvoir protéger leur maison.

Quand elle a acheté le moulin de la Vergnée il y a dix ans à Taillebourg, la famille Dupuy imaginait devoir affronter quelques crues décennales. La réalité est tout autre : c'est la 8e inondation à laquelle elle doit faire face. Le niveau de l'eau atteint désormais 1m50 au rez-de-chaussée. "On avait tout surélevé au-dessus de 1m10 mais c'est passé au-dessus du niveau du plan de travail. Le poêle et la chaudière sont foutus. Toute l'électricité sera à refaire" explique Jean-Marc Dupuy, résigné.

Ici, pas de secouristes. Ni pompiers, ni gendarmes pour vérifier que tout va bien. "On se sent abandonnés. Taillebourg est un petit village, qui n'est pas dans la communauté de communes de Saintes. En plus, les autres habitants n'ont que quelques centimètres d'eau chez eux donc ils ne se rendent pas compte."

Le niveau de l'eau est encore monté depuis cette photo prise le 17 février 2026. Il n'y a plus d'électricité. © Jean-Marc Dupuy

Une maison inhabitable

Jean-Marc, sa femme Claire et leurs deux enfants ont trouvé refuge dans un gîte. Leur maison risque d'être inhabitable un long moment : "Si le pic est ce week-end, la décrue va encore prendre plusieurs semaines. Il faudra que cela sèche avant de faire des travaux. Ce sera réparé juste avant la prochaine crue. C'est désespérant !" soupire Jean-Marc.

La maison est un ancien moulin, située au bord d'un petit affluent de la Charente, La Rutilière. Face à la récurrence des inondations, le couple n'est pas resté les bras croisés. Il a contacté la préfecture, le Conseil départemental de la Charente-Maritime et l'Etablissement du fleuve Charente pour trouver une solution. Plusieurs pistes ont été examinées : diminuer l'arrivée d'eau au niveau de La Rutelière, planter des haies, agir sur le barrage de Saint-Savinien en aval pour diminuer le niveau d'eau à Taillebourg ou même construire un barrage en amont d'Angoulême. Toutes ces solutions ont été rejetées.

Ce sera réparé juste avant la prochaine crue. C'est désespérant !

Jean-Marc Dupuy

Habitant de Taillebourg, inondé

Pour Jean-Marc Dupuy, la conclusion est sans appel : la maison n'est plus habitable car elle commence à prendre l'eau dès que la cote du fleuve atteint environ 5 m à Saintes. "Pourtant, les pouvoirs publics ne nous proposent rien. Nous ne pouvons pas bénéficier du plan Barnier, qui prévoit des expropriations si les habitants sont en danger car on nous dit que ce n'est pas notre cas puisque la crue est lente. On a le temps de se préparer donc il n'y a pas de danger ! Mais je vous mets au défi de vivre dans une maison où tout a passé plus d'un mois dans l'eau. Aucun matériau ne résiste donc c'est dangereux."

Si la famille veut vivre au sec, la seule solution serait de vendre : " ça, ce n'est pas interdit mais je ne me vois pas mentir à de futurs acheteurs. Je suppose que l'Etat attend plutôt qu'on s'en aille, de nous-même, par pertes et profits !"

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