Prisée des vacanciers, la réserve naturelle du Banc d'Arguin fait l'objet d'une réglementation stricte parfois méconnue des plaisanciers

Le Banc d'Arguin a été classé réserve naturelle nationale en 1972 suite à la découverte d'une colonie de sternes caugek. Sur ce site mouvant, qui offre un visage différent chaque été, des arrêtés sont régulièrement pris pour réglementer la navigation, les activités nautiques et le mouillage.

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Nous sommes chez eux et non pas l'inverse. La faune et la flore du banc d'Arguin sont précieuses. On n'y plante pas son parasol n'importe où. "D'emblée, on comprend, il y a des panneaux partout", explique une jeune touriste. "C'est bien. Oui, cela peut être vu comme un empêchement, mais il faut le préserver".

Malgré la signalisation certains vacanciers se hasardent dans la zone de protection intégrale (ZPI). "Cela arrive de temps en temps que les gens franchissent les cordes", admet une jeune gardienne du site. "Dans ces cas-là, on va à leur rencontre pour leur dire qu'ils sont en zone protégée et qu'ils n'ont pas à y être". Cela arrive la plupart du temps le soir quand il y a beaucoup moins de monde".

Des panneaux interdisent l'accès à la Zone de Protection Intégrale (ZPI). © Franck Grassaud - France Télévisions

Expérimentations

Le Banc d'Arguin a été classé réserve naturelle nationale en 1972 suite à la découverte d'une colonie de sternes caugek. Des arrêtés sont régulièrement pris pour réglementer la navigation, les activités nautiques et le mouillage.

Depuis cette année, on a toujours la zone de mouillage qui longe le banc d'Arguin côté est, côté passe sud, en face de la dune du Pyla.

Benoit Dumeau

Conservateur de la réserve naturelle

"Le banc réduit depuis quelques années", rappelle Benoit Dumeau, conservateur de la réserve naturelle. "On a perdu 4 km de banc au sud. Avant il allait jusqu'à la plage de la Lagune. Avec les services de l'Etat, et les représentants des usagers, on avait déjà ouvert des caouènes de sable (au mouillage, ndlr) l'an dernier. C'était plutôt pas mal. Cela a bien marché. Et là cette année, encore en expérimentation là aussi, on a ouvert au sud pour voir si les plaisanciers y vont et si cela permet de dédensifier la présence des bateaux, comme ici à la pointe nord".

Sur cette carte apparaissent les zones où les bâteaux peuvent mouiller. © Franck Grassaud - France Télévisions

"Cela leur permet d'avoir une bonne expérience du banc d'Arguin"

"La Zone de protection intégrale fait 150 hectares pour le banc d'Arguin", poursuit Benoit Dumeau, "donc les gens sont éloignés des zones où on a les oiseaux qui nichent (avec les poussins et les œufs) mais aussi de toutes les plantes qu'il ne faut pas piétiner, c'est pas plus mal."

Des phoques au Toulinguet

Le banc du Toulinguet (anciennement appelé le banc du Chien) reste, lui, entièrement en zone de protection intégrale comme c'est le cas depuis 2018. Des oiseaux y nichent. "Et depuis cette année, on a des phoques qui ont élu domicile sur le banc. Ils l'utilisent comme reposoir à marée haute", se réjouit Benoit Dumeau. Ces phoques ou veaux marins, sont une espèce naturelle protégée au niveau national. Le mouillage et le débarquement sont donc interdits.

Mais malgré cela, on a quand même des personnes qui vont sur ce banc et créent des dérangements.

Benoit Dumeau

conservateur

"Ces derniers temps on était très concentré sur la passe sud pour faire la police et la surveillance", rappelle-t-il. "Maintenant il faut aussi qu'on se démultiplie et qu'on aille dans la passe nord pour aller aussi voir s'il n'y a pas de dérangement sur cette population de phoques (...). C'est problématique mais cela reste une super nouvelle pour la réserve".

Certains plaisanciers traversent les parcs à huîtres alors que cela est interdit. © Franck Grassaud - France Télévisions

"Finalement, on met très peu d'amendes"

L'été en pleine saison, des conflits d'usage peuvent éclater notamment entre vacanciers et ostréiculteurs. Des piquets et bouées indiquent la présence de parcs à huîtres. "Si on met l'ancre ici, on peut faire chavirer des tables en eau profonde", explique le conservateur. "Donc cela met à mal de travail des ostréiculteurs".
Certains vacanciers prendraient même ces bouées pour des bouées de mouillage. "On est là pour rappeler aux plaisanciers qu'elles servent à baliser un parc et on les incite à aller un peu plus loin". Si l'homme a un pouvoir de répression il dit préférer être dans la pédagogie. "Finalement, on met très peu d'amendes sur l'année", dit-il. "Quand on a 300 bateaux, on a beaucoup parfois qui sont en infraction et qui méconnaissent la réglementation. Donc on perdrait beaucoup de temps à faire que des PV".

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