Le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun promet de reconstruire la commune du Porge en trois ans grâce à des dérogations exceptionnelles qu'il souhaite intégrer au futur projet de loi Relance logement. Ce dispositif prévoit notamment de contourner les règles du PLU et de supprimer les recours pour rebâtir au plus vite les maisons détruites lors de catastrophes.
Reconstruire Le Porge en trois ans. C’est la promesse faite ce jeudi 24 septembre par le ministre de la ville, Vincent Jeanbrun. “On doit pouvoir reconstruire plus vite que Notre-Dame”, a-t-il réitéré sur le plateau du 12/13 d’Ici Aquitaine.
Ni PLU ni recours
Dans le détail, le ministre envisage de créer “de nouveaux outils” intégrés au projet de loi Relance logement, examiné “d’ici quelques mois au plus tard” à l’Assemblée Nationale. “Ce dispositif pourra être déclenché sur décret du Premier ministre après une catastrophe naturelle ou majeure”, indique Vincent Jeanbrun.
Une fois promulguée, cette loi permettra aux sinistrés de passer outre les procédures des plans locaux d'urbanisme. “Si la maison détruite ne correspond plus au PLU actuel, elle pourra quand même être reconstruite, si elle conserve le même gabarit à 5% près”, détaille le ministre de la Ville.
Les recours seront aussi supprimés. “On va pouvoir gagner jusqu’à deux ans en procédure d’urbanisme et jusqu’à cinq ans pour les recours contentieux”, poursuit Vincent Jeanbrun.
En parallèle, le ministre a également évoqué un délai d’un mois pour “traiter les permis déposés le plus rapidement possible”, reprenant ainsi la promesse faite par le Premier ministre. “Il faut faire en sorte que ceux qui ont tout perdu puissent être accompagnés pour rebâtir et reconstruire le plus vite possible”, martèle Vincent Jeanbrun.
“Il faut construire de manière plus performante”
Si les délais sont réduits, reste encore la question de la reconstruction à l’identique. “Ce terme sera dans la loi mais ne concerne que le gabarit, précise Vincent Jeanbrun. Sur les matériaux et la capacité à mieux se protéger du feu, il va falloir construire de manière plus performante et améliorer, par ailleurs, la qualité thermique des nouveaux bâtiments.”
Autre subtilité : la question des zones à risque. Depuis le mois d'août, cinq experts ont été missionnés par le premier ministre pour établir un zonage des habitations situées en zone forestière. “Il y aura les zones vertes où il est possible de reconstruire, les oranges où se pose le débat et les rouges qui seront frappées d’inconstructibilité, explique Vincent Jeanbrun. Ces personnes là seront alors accompagnées de manière différente.”
En effet, certaines maisons détruites ne pourront pas être reconstruites à leur emplacement originel en raison de leur proximité avec la forêt. D’autres paramètres comme l’intégration de nouvelles normes incendies doivent également être étudiées.
Préjudice psychologique
L’annonce fait écho directement aux accusations des habitants du Porge qui dénoncent des procédures trop lentes. "Pour nous, entre-temps, rien n'avance, on est dans le flou total. Notre seule certitude, c'est que notre relogement temporaire arrive à terme dans dix mois", pestait un habitant de 70 ans, qui "n'a pas deux ou trois ans à perdre", ce mardi.
29 habitants de la commune, sur un total de 36 personnes, ont d’ailleurs déposé plainte contre X mardi 22 septembre. "Tous déplorent un préjudice psychologique et la moitié d’entre eux déplore également des dommages matériels", indique le parquet.
Ils déplorent donc la destruction involontaire du bien d’autrui par incendie dû au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire de prendre les mesures destinées à combattre un sinistre dangereux pour les personnes.
Lors de l’immense incendie de Saumos, en Gironde, la commune a été particulièrement touchée par les flammes : 183 maisons ont été totalement détruites et 400 ont été partiellement endommagées.
Pour autant, Vincent Jeanbrun ne veut pas faire de la reconstruction du Porge une exception. Le ministre assure que ces outils “permettront de répondre présent à chaque fois qu’il y aura des catastrophes de cette nature, qui ne sont aujourd'hui pas considérées comme des catastrophes naturelles”.
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