Polémique : plusieurs fêtes du Pays basque et de Gironde quittent un label après la révélation de liens avec l’extrême droite

Elles avaient été labellisées "Plus belles fêtes de France", il y a moins d'un an. Mais depuis plusieurs jours, quatre villes du Pays basque et de la Gironde se retirent du label en raison des liens qui le lient au milliardaire Pierre-Edouard Stérin, un investisseur français d'extrême droite.

Ils ont préféré claquer la porte. Plusieurs villes du Pays basque, d'abord, ont décidé de se retirer du label "Les plus belles fêtes de France", à commencer par Hendaye et sa fête basque ou encore Hasparren, organisateur du traditionnel Lehengo Hazparne. Suivi de près par Espelette ce mardi 5 août. "Nous voulons éviter toute polémique", a déclaré le président de la confrérie du piment Romain Casemajor.

En cause, les liens, révélés début juillet par le journal L'Humanité, entre le label créé par une association pilotée par l'entreprise Studio 496. Une société d'événementiel dans laquelle le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, connu pour ses positions en faveur de l'extrême droite, est entré au capital en mai dernier.

A Hasparren, le traditionnel Lehengo Hazparne ne sera également plus labellisé. © France 3 Aquitaine / Archives, Hasparren

Apolitique

Quand l'association est lancée il y a moins d'un an, "elle affichait de belles valeurs : protection du patrimoine, valorisation du terroir, la défense des fêtes de village", étaye Romain Casemajor. En apprenant par voie de presse les liens entretenus avec Pierre-Edouard Stérin, la confrérie du piment n'a pas hésité.

Peu importe l'idéologie, qu'elle soit de droite, de gauche ou du centre, nous sommes une association apolitique donc on préfère se retirer.

Romain Casemajor

Président de la confrérie du piment et de l'axoa de veau d'Espelette

Ils ont été suivis dans leur démarche par les organisateurs de la Fête des bœufs gras de Bazas en Gironde pour les mêmes raisons. "Dans les documents signés, il n’y avait aucune mention de son nom", insiste Romain Casemajor.

Le label permettait notamment aux villes de bénéficier d'un soutien financier, de l'ordre de 2 000 euros pour la ville d'Espelette, mais aussi de réductions concernant les droits à verser à la Sacem, ainsi que la promesse d'une certaine visibilité, services dont n'avait pas encore bénéficié Espelette. "C’était récent donc l’impact est essentiellement pécunier", explique le président de la confrérie.

"C'est assez violent"

Au Pays basque, sur les quatre villes détentrices du label, seule Bidache devrait continuer. Les organisateurs des Historiques de Bidache revendiquent également une fête apolitique et refusent de suivre ces départs en chaîne. "On s’est dit qu’en suivant la tendance, on commençait à entrer en politique alors qu’on est apolitique", explique Axel Martinez.

Les organisateurs des Historiques de Bidache, eux, maintiennent le label. © France 3 Aquitaine / Archives, Bidache

Il assure que "le label ne nous a jamais rien imposé. Ce qu'on a signé n'a absolument aucune orientation politique."

Depuis plusieurs jours pourtant la polémique enfle sur les réseaux sociaux : "sans nous viser directement, le fait de mettre en avant une forme de lien entre nous et l'extrême droite, c'est assez violent", ajoute-t-il. À l'échelle nationale, une centaine d'événements sont labellisés "Plus belles fêtes de France".

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