Accueillir des personnes âgées chez soi, une alternative à l'Ehpad encore méconnue. "C'est un engagement très enrichissant humainement"

Dans la Vienne, des personnes handicapées ou âgées bénéficient d'un accueil en famille. Il s'agit d'une alternative à l'installation en Ehpad. Dans le département, 150 personnes travaillent comme accueillants familiaux, pour 300 bénéficiaires. Leur activité manque encore de reconnaissance.

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Depuis quelques mois, Liliane, Marcelle et Thérèse vivent chez Laure Coursault. Cette accueillante familiale gère leur quotidien. Cet après-midi-là, les retraitées s'occupent avec des mots fléchés, mots mêlés ou encore tricot. Un engagement à temps plein pour Laure. Cette ancienne comptable a décidé de changer vie, après le départ de son grand-père en Ehpad, qui l’a profondément affecté.

Elle s'est lancée avec le soutien de ses enfants et de ses amis. Un choix qu'elle ne regrette pas malgré les difficultés. "On travaille tous les jours 24 heures sur 24, on est très peu connus donc on n’a pas de remplacement, confie Laure. Tout simplement parce que les gens ne nous connaissent pas. Et c’est très compliqué. On a besoin de souffler aussi. Je reconnais que c'est un engagement très enrichissant humainement. Elles nous tirent vers le haut, ce qui est rigolo quand même ! Les journées sont parfois lourdes et compliquées... Ce n'est pas tout beau tout rose !"

Une vie en collectivité, aussi bien choisie par l’accueillante que par ses pensionnaires. "Je m’entends bien avec mes petites sœurs là, dit en rigolant Thérèse et en regardant ses voisines. Elles rient ensemble. À 89 ans et veuve depuis plusieurs années, Thérèse a quitté sa Corrèze natale pour s’installer ici. "Je vous avoue que ce n'est pas chez moi ici, mais ma deuxième maison", affirme la dame âgée. Sa colocataire nonagénaire, Liliane, elle, apprécie la bienveillance qui règne dans la maison : "On sort, on va aller au théâtre dimanche prochain, on va à la boulangerie, manger un petit gâteau."

"Un engagement pas suffisamment reconnu"

Toutes les quatre ont accepté de partager cette expérience pour promouvoir le dispositif. Malgré un revenu conséquent (plus de 2000 € par personne accueillie) les charges sont tout de même lourdes pour l’accueillant. Tout comme le manque de reconnaissance. "On parle d’activité et non pas de métier, car elles ne cotisent pas au chômage, explique Olivier Boulet, responsable du Pôle Accueil familial de la Vienne. Sans parler de précarité, c’est un engagement qui est à mon sens pas suffisamment reconnu. Il mériterait d’être encadré statutairement comme les aidants familiaux qui accueillent des jeunes dans le cadre de la protection de l'enfance."

Les profils de ces accueillants varient. "Beaucoup ont accompagné des proches en fin de vie en milieu rural ou d'autres ont travaillé dans des structures comme des Ehpad", explique le responsable du pôle accueil. Il "espère susciter des vocations pour que le dispositif se développe", même s'il reconnaît que cela n'est pas facile.

Un dispositif aidé par la collectivité

"Il est plus centré sur l'individualité de la personne dans la prise en charge quotidienne, défend Olivier Boulet. Il favorise l'intégration sociale et c'est plus bénéfique pour les personnes âgées."

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Dans la Vienne, l’activité d’accueillant familial est un dispositif méconnu. Cela consiste à accueillir chez soi des personnes handicapées ou âgées. Une solution appréciée des familles, notamment pour leurs aînés, lorsqu’ils ne peuvent plus rester chez eux, mais sont encore suffisamment en forme pour ne pas aller en Ehpad. ©France télévisions

Pour favoriser l’accès de ce dispositif aux personnes précaires, le département de la Vienne débourse plus d’un million d’euros chaque année. Une aide rare selon Valérie Dauge, vice-présidente du département de la Vienne et présidente de la Commission des personnes âgées et des personnes handicapées. "Il y a des départements qui ne versent rien, absolument rien et je ne trouve cela pas recevable du tout !" L'élu demande une action politique plus importante : "il faut que les parlementaires se bougent pour faire évoluer les lois."

Dans la Vienne, 150 personnes travaillent comme accueillants familiaux, pour 300 bénéficiaires.

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