Le marché aux bestiaux de Laissac (Aveyron) a rouvert ce mardi 4 novembre après un arrêt de 15 jours lié au contexte sanitaire. Des élevages bovins sont, en effet, touchés par la dermatose nodulaire et les précautions pour le transport des animaux sont plus que jamais d'actualité.
Après quinze jours de suspension, la France a rouvert ses exportations de bovins le 1er novembre. Des foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été détectés dans certaines régions, mais les mesures sanitaires mises en place ont, semble-t-il, permis de limiter la contagion. C'est dans ce contexte que le marché de Laissac en Aveyron a rouvert ce mardi.
Les bovins sont moins nombreux du fait de la frilosité des éleveurs à exposer leurs exploitations à une éventuelle contamination. Le maire, David Minerva, parle d'un "petit marché" qui frise les 500 bêtes, des prises de sang ayant tardé à se faire selon lui.
"On a réussi à avoir une activité qui tournait autour de 150 vaches pendant deux mardis pour maintenir l'activité", explique-t-il car c'était important de préserver l'activité économique autour du marché aux bestiaux, qu'il s'agisse des cafés ou des restaurants.
Soulagement de la filière
David Minerva, qui est responsable du marché, espère retrouver un rythme de croisière dès mercredi 12 novembre (un marché décalé en raison du 11 novembre). "Normalement, les frontières sont ouvertes. Il y a quelques zones en Espagne qui sont encore restreintes d'après les dernières informations. Mais théoriquement, dès que les prises de sang seront valides, on va pouvoir retourner sur de l'exportation des broutards en engraissement sur l'Espagne, l'Italie et autres".
Pour lui, la prudence des éleveurs s'explique par le fait que les prix pourraient être plus bas que d'ordinaire dans ce contexte d'épizootie. Mais cette reprise des marchés et des exportations est accueillie avec soulagement. En 2024, la France a envoyé à l’étranger, principalement en Italie et en Espagne, 940.000 broutards, des bovins de quatre à quinze mois destinés à produire de la viande, et 356.000 veaux de moins de deux mois selon l’Institut de l’élevage. Cela représente plus d’1 milliard d’euros selon les chiffres des douanes.
"On est content parce qu'on peut racheter des animaux pour nous, pour pouvoir travailler, engraisser, faire de la bonne viande qu'on met sur Rungis après, explique Thierry Bodet, éleveur et engraisseur de Bressuire dans les Deux-Sèvres. On ne pouvait plus travailler".
15 nouveaux foyers
Jusqu'au 16 novembre, l'ensemble des centres de rassemblement en France devront notifier "sous 24 heures tous les mouvements de bovins transitant par son centre, quelles que soient leurs destinations", afin d'assurer une traçabilité totale des déplacements et une réactivité sanitaire optimale. Les contrôles routiers des mouvements vont se poursuivre "afin de s'assurer du respect des dispositions en vigueur, notamment dans les zones réglementées".
C'est une épizootie "dont le plus haut pic serait passé", d'après le ministère de l'Agriculture, qui se veut confiant. Mais l'épidémie continue de progresser, notamment dans le Jura et les Pyrénées-Orientales où 15 nouveaux foyers ont été détectés, sachant que seuls sept foyers avaient été repérés sur les neuf semaines précédentes.
Reportage sur le terrain Luc Tazelmati et Corentin Bélard