Il y a sept ans la commune de Castillon-du-Gard s'est lancée dans un défi ambitieux : construire un nouveau groupe scolaire le plus écologique possible avec pierre locale, géothermie, panneaux photovoltaïques, matériaux biosourcés et isolation performante. Un énorme chantier qui, aujourd'hui en période de canicule, tient ses promesses.
Au sein du groupe scolaire Rosa Bonheur, du nom d'une célèbre artiste peintre du XIXe, les 110 élèves de maternelle et de primaire ne souffrent pas de la chaleur : si dehors, le thermomètre monte à 35 degrés à Castillon-du-Gard, à l'intérieur, il en affiche en 24.
De quoi ravir Muriel Dherbecourt, la nouvelle maire LR de cette commune du Gard rhodanien située entre Nîmes et Avignon : "Il fait 24° dans mon école, on est trop bien !", s'exclame-t-elle ce mercredi 24 juin 2026, au téléphone.
Ce constat rassurant la réjouit d'abord pour le bien-être des enfants et du personnel, mais aussi parce qu'il vient couronner de succès des années d'efforts :
Nous avons eu le nez creux quand nous nous sommes lancés dans ce proiet. Cela a été long et très compliqué, mais je ne regrette rien.
Muriel Dherbecourt, maire LR de Castillon-du-Gard
Panneaux solaires, pierres et isolation biosourcée
Il faut dire que le groupe scolaire Rosa Bonheur est plutôt atypique : ce bâtiment a été labellisé "Bâtiment durable Occitanie or" par la région pour sa réalisation et sa conception écologique et économique. Sa structure a été construite avec de la pierre de Castillon-du-Gard, des blocs de 50 centimètres d'épaisseur, issus d'une carrière située à 2 km de l’école.
L'architecte d'Avignon qui a conçu les bâtiments, Daniel Fanzutti, a aussi opté pour des matières isolantes biosourcées, imaginé de larges casquettes pour protéger les baies vitrées du soleil et installé un système de géothermie qui permet de récupérer de l'air frais dans le sous-sol.
De plus, les bâtiments s'aèrent tout seuls, grâce à un système de fenêtres automatiques qui s'ouvrent aux heures les plus fraîches. Après 7 ans de gestation, ce groupe scolaire Rosa-Bonheur a enfin été inauguré le 14 mai 2025 :
Un projet dans l'air du temps
Le projet est né en 2019, pendant le mandat de l’ancien maire Jean-Louis Berne. L’ancienne école Jules-Ferry, située en haut du village dans un monument historique, était devenue trop vétuste. La commune, qui compte 1780 habitants, avait souhaité partir de zéro, en dehors de la vieille ville, pour construire un nouvel équipement dans l'air du temps, totalement intégré à l'environnement.
C'est là que le parcours du combattant a commencé pour monter les dossiers, les appels d'offres, rechercher des subventions publiques.
"Nous sommes une petite ville, nous n'avons pas de services dédiés en mairie, alors il a fallu se débrouiller, faire appel au système D. Et puis au milieu de tout cela, il y a eu le Covid où il a fallu tout arrêter, puis avec la guerre en Ukraine, le coût des matériaux a augmenté de 20%", raconte l'édile, qui était première adjointe pendant le chantier.
Au total, le groupe scolaire, son réfectoire et la salle polyvalente attenante auront coûté 6.5 millions d’euros, financés en partie par près de 3 millions de subventions (Département, Région, État, ADEME, FEDER).
Retour sur investissement
400 m2 de panneaux solaires ont également été fixés sur la toiture et produisent l’énergie nécessaire pour l’école et ses cinq classes.
Le surplus est injecté dans le fonctionnement des autres bâtiments municipaux, ce qui permet aujourd'hui à la commune d'économiser 30 000 euros par an.