Habitants, parents d'élèves et agriculteurs se sont mobilisés à Tornac (Gard) pour protester contre la fermeture d'une classe. À l'occasion d'une visite de l'inspectrice académique le 20 avril 2026, les manifestants ont amené 200 moutons, des tracteurs et des banderoles devant la mairie.
L'inspectrice académique a reçu un accueil bien particulier le 20 avril 2026 à Tornac, au sud-ouest d'Alès. Pour protester contre la fermeture d'une classe dans la commune, une mobilisation s'est tenue devant la mairie à 11 h. Habitants, parents d'élèves et agriculteurs se sont rassemblés accompagnés de près de 200 moutons. Une manifestation qui s'est tenue le jour de la visite de l'inspectrice académique.
Le but : dénoncer la dégradation des conditions d'enseignement en milieu rural et défendre l'avenir de l'école du regroupement pédagogique entre Massillargues-Attuech et Tornac.
L'incompréhension de la décision
Parents d'élèves, syndicats et élus ont tous été surpris de l'annonce de cette suppression de classe, d'autant plus que : "À ce jour nous étions à 119 enfants inscrits pour la rentrée, c’est-à-dire trois de plus que pour cette année scolaire, c’est un argument de plus pour dire qu’on ne comprend pas", assure Marielle Vigne, maire de Tornac.
Cette manifestation n'est n’est qu’une étape, madame l’inspectrice n’a pas fait d’annonce, la carte scolaire cette année est particulièrement violente.
David AuthelainMembre du Snudi FO et enseignant
Les élus et professionnels de l'éducation ne sont pas les seuls à être inquiets, les parents d'élève se questionnent sur la qualité de l'enseignement qui sera délivré à leurs enfants. Un agriculteur, lui-même père d'un petit garçon de l'école, est venu se joindre à la mobilisation pour marquer le coup, il a amené ses 200 moutons : "Si le projet de l’éducation nationale c’est d’entasser les enfants comme mes animaux, je peux peut-être apporter mon expertise", affirme Thomas Marcilly. "C’est pour le clin d’œil mais c’est aussi parce qu'on ne veut pas de ce projet pour nos enfants", ajoute-t-il.
La sécurité des élèves de primaire questionne également les parents : "Une maîtresse seule avec 28 élèves ne peut pas avoir l’œil partout. Je ne vois pas comment des maîtresses surchargées pourraient repérer des signes précurseurs de mal-être ou de potentiel harcèlement, c’est évident que certains comportements vont passer inaperçu ce serait dramatique pour nos enfants", martèle Solveig Rouger, mère de famille.
Les maires des deux villages concernés ont rencontré l'inspectrice d'académie dans la matinée : "On attend désormais une rencontre avec le Dasen, et au mois de juin un nouvel état des inscriptions", conclut la maire de Tornac. Tous espèrent encore pouvoir sauver la classe.
Article écrit avec des éléments de Pauline Pidoux et Audrey Guiraud.