Lors du congrès national de la Coordination rurale la semaine dernière, le nouveau président du syndicat agricole a tenu des propos qui ont heurté des élus écologistes. Bertrand Venteau a dit publiquement vouloir "faire la peau aux écolos". Le parquet d'Auch a ouvert une enquête pour "provocation publique non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit".
C'est une phrase qui enflamme les esprits et qui va désormais être sous le viseur de la justice. Lors de son élection à la tête de la coordination rurale la semaine dernière dans le Gers, l'éleveur, nouveau président de la CR, Bertrand Venteau avait publiquement déclaré : "Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau".
Une enquête pour "provocation publique (...) à commettre un crime ou un délit"
Une phrase lourde de sens prononcée lors du 32ème congrès du syndicat agricole qui se tenait les 18 et 19 novembre. Elle a choqué bien au-delà du monde agricole. Suite à plusieurs signalements d'élus écologistes, le parquet d'Auch a décidé d'ouvrir une enquête du chef de "provocation publique non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit".
Dans l'AFP, la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, a précisé lundi 24 novembre avoir été destinataire de 23 dénonciations émanant d'élus écologistes de l'ensemble du territoire français et du Parlement européen.
Ces propos étant susceptibles d’être qualifiés pénalement de provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit au sens de l’article 24 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, une enquête a été ouverte de ce chef.
Clémence Meyer, procureure de la République d'Auch
Il faut dire que le nouveau président de la Coordination rurale avait frontalement attaqué les écologistes. "Ceux qui veulent notre mort sont partout, nous devons les combattre au quotidien, dans les départements, les régions, jusqu'au ministère", avait précisé Bertrand Venteau.
Quinze élus écologistes ont écrit à la justice
Des propos qui constituent un appel à des violences physiques dangereuses contre les personnes engagées dans l'écologie selon une quinzaine d'élus écologistes qui ont écrit au parquet d'Auch.
L'enquête est ouverte. Ce délit est passible "de cinq ans d’emprisonnement et de quarante-cinq mille euros d’amende". Le parquet d'Auch devra établir la matérialité des propos et déterminer s’ils relèvent juridiquement de la provocation publique.