Affaire Lyhanna : "Une décision lapidaire", dénonce l'avocat de la mère de Rosa après le classement de sa plainte contre Darmanin

L'avocat Pierre Debuisson et sa cliente Audrey, mère de Rosa qui accusé Jérôme Barella de l'avoir violé à plusieurs reprises.
L'avocat Pierre Debuisson et sa cliente Audrey, mère de Rosa qui accusé Jérôme Barella de l'avoir violé à plusieurs reprises. © MARC SALVET / MAXPPP

La plainte de la mère de Rosa pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger" contre le garde des Sceaux vient d'être classée sans suite par la Cour de justice de la République (CJR) ce lundi 14 septembre. Avec l'AFP.

Pour Rosa et sa famille, c'est une immense déception. Avec leur avocat, elles avaient porté plainte contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger", mais la Cour de justice de la République (CJR) a classé cette plainte sans suite, a annoncé le procureur général près la Cour de cassation ce lundi 14 septembre.

"Une décision lapidaire" selon l'avocat de Rosa

L'affaire Rosa est apparue dans la foulée de la mort de Lyhanna. Suspect du viol et du meurtre de cette adolescente de onze ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, Jérôme Barella n'avait jusque-là jamais été inquiété judiciairement, alors qu'il était visé par une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa. Celle-ci accuse Jérôme Barella d'avoir violé sa fille "une cinquantaine" de fois. Problème : l'homme n'a jamais été entendu dans ce dossier, ni mis en garde à vue.

Pour l'avocat de la famille de Rosa, cette décision de classement sans suite est incompréhensible et choquante. "Dans une affaire aussi sensible, il est navrant que la commission des requêtes n'ait pas cru bon devoir examiner sérieusement la plainte déposée", a déploré l'avocat de la mère de Rosa, Pierre Debuisson, auprès de l'AFP. Il a dénoncé une "décision lapidaire" consacrant "l'impunité du garde des Sceaux et de l'administration du ministère de la Justice".

Infractions non caractérisées

Dans sa plainte reçue le 1ᵉʳ juillet, la mère de Rosa reprochait au ministre "de ne pas avoir mis l'institution judiciaire en mesure d'assurer un traitement efficace des plaintes relatives aux violences sexuelles sur mineurs, en dépit de dysfonctionnements d'ores et déjà identifiés en la matière", a rappelé le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, dans un communiqué.

Mais la commission des requêtes de la CJR, qui a décidé du classement de la plainte le 8 septembre, a estimé que les infractions de "mise en danger de la vie d'autrui" et de "non-assistance à personne en danger" n'étaient pas caractérisées.

Aucun recours possible

L'infraction de "mise en danger de la vie d'autrui" exige que soit constatée la violation d'une obligation particulière de prudence et de sécurité. Or, la plainte ne se réfère à "aucun texte prévoyant une obligation de cette nature clairement applicable" au garde des Sceaux, a estimé la commission.

Concernant la "non-assistance à personne en danger", la commission "relève qu'il ne résulte pas des circonstances que M. Darmanin ait eu personnellement conscience de ce que la mineure se trouvait dans une situation de péril d'une imminente gravité", a expliqué Rémi Heitz.

L'avocat de Rosa dénonce une "décision lapidaire" consacrant "l'impunité du garde des Sceaux et de l'administration du ministère de la Justice".

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