La France et l'Occitanie continuent de suffoquer avec des températures frôlant encore les 40 degrés. Au 8ème jour de la canicule, les organismes commencent à fatiguer, et ça se ressent. Les urgences sont sous tensions et les équipes du Samu, comme à Toulouse (31), sont de plus en plus sollicitées.
Les appels au SAMU sont en forte progression depuis le début de la canicule et les urgences commencent à saturer. Le premier ministre a d'ailleurs activé ce jeudi 25 juin, le niveau 3 du Plan Orsan, qui va permettre de mobiliser plus de moyens. À Toulouse, comme dans toutes les grandes villes, le SAMU est en première ligne.
Le SAMU pour faire le tri
24 heures sur 24, 7 jours sur 7, c'est ici au centre de régulation, qu'arrivent tous les appels passés au SAMU 31. Des coups de téléphone en nette augmentation depuis quelques jours : "Oui, bonjour, c'est un médecin sur la régulation. Vous m'appelez parce que vous éprouvez une douleur dans la poitrine, c'est ça ?", demande ce soignant à son interlocuteur.
"Vous avez 65 ans, d'accord ?", enchaîne son collègue. "Et vous êtes un petit peu angoissé, un petit peu fatigué ces temps-ci ?". Autant de questions, qui vont permettre d'orienter au mieux la prise en charge de l'appel. Car l'épisode caniculaire, intense et particulièrement long, commence à fatiguer les organismes.
Et pour certains on peut même parler de comportements imprudents.
Malaises liés à la chaleur
"Il y a des inconscients", témoigne Hervé Jorda, assistant de régulation médicale. "Ce sont les sportifs, qui vont courir entre midi et deux et qui font le malaise quand ils retournent au travail. On a aussi des personnes âgées vulnérables, qui n'ont pas la climatisation chez eux. Il fait 40 degrés et ça explose. Ce sont aussi les jeunes qui s'alcoolisent beaucoup malgré la chaleur". Sur le terrain, médecins et infirmiers du SMUR enchaînent donc les interventions.
🔴 🗣️ "Quand la canicule sera terminée, le risque lui va continuer pendant quatre à cinq jours, et on va encore voir des gens décompenser et venir aux urgences", prévient Jérôme Marty, médecin généraliste. @loicdelamornais #SurLeTerrain #Canal16 pic.twitter.com/ZK4iDeU80E
— franceinfo (@franceinfo) June 25, 2026
"Nous sortons pour un malaise qui semble assez évocateur d'un problème lié aux conditions météo, qui a fait un malaise lipothymique, avec une histoire de douleur thoracique associée", confirme le docteur Jean-Michel Berthomier, médecin urgentiste au SMUR 31.
"Les gens encaissent, encaissent, encaissent, mais là, avec ces conditions, l'organisme est dépassé", rajoute-t-il. "On se retrouve effectivement avec des tableaux de déshydratation, des problématiques cardiovasculaires".
Des interventions en urgence
En quelques minutes à peine, l'urgentiste et son équipe sont au chevet de ce patient qui a fait un malaise dans un magasin. "Vous avez travaillé au chaud aujourd'hui ou pas ?", demande le médecin. "La douleur reste au même endroit ou elle bouge un peu ?". Dans ce cas précis, plus de peur que de mal pour cet homme, il s'en sortira bien.
Urgences, SAMU, SOS Médecins : tous croulent sous les appels et les interventions. Aux avant-postes de cette crise, les pompiers. @AmarLouis est parti en immersion dans la caserne de Melun, en Seine et Marne pour #CàVous
— C à vous (@cavousf5) June 24, 2026
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"C'est un monsieur qui travaille en extérieur, qui ne dort pas très bien la nuit, qui a un enfant en bas âge", souligne le médecin "Il fait un malaise sans grande gravité, mais sur lequel on est obligé d'intervenir. Il est clair que la même situation dans un mode normal, avec une température normale, n'aurait pas induit cette surréaction bien sûr".
Pour éviter une saturation des services d'urgences, les médecins appellent donc à la prudence et au bon sens.
Article écrit à partir d'un reportage de Cécile Fréchinos et Bertrand Pelletier.