"Des citoyens de seconde zone", les jeunes se sentent ignorés des politiques et sont très critiques envers les élus

Il serait grand temps de prendre en compte la voix de la jeunesse. C'est ce qui ressort du dernier baromètre annuel de la Fondation des Apprentis d'Auteuil à quelques mois des élections municipales. En Occitanie, les 16-25 ans se disent majoritairement exclus du débat public.

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C'est un constat préoccupant relevé par la Fondation des Apprentis d'Auteuil, à travers la 6ème édition de son baromètre annuel de l'éducation, rendu public ce 18 novembre 2025. Le sondage réalisé par OpinionWay auprès de plus de 2000 jeunes Français, âgés de 16 à 25 ans, dont 158 en Occitanie révèle "un sentiment massif d'exclusion du débat public et une importante défiance envers les décideurs". Les détails.

"Une jeunesse ignorée"

Comment se positionnent les jeunes à quelques mois des élections municipales et de la Présidentielle de 2027 ? En Occitanie, 60% des jeunes prévoient de voter aux municipales de mars 2025. Un chiffre qui atteint les 71% pour l'élection présidentielle. Mais cette volonté de s'engager s'accompagne d'un large désaveu envers les politiques.

Selon ce baromètre des Apprentis d'Auteuil, 69% des jeunes interrogés dans la région Occitanie se sentent comme "des citoyens de seconde zone". La jeunesse s'estime ignorée. "76% jugent les décideurs déconnectés de leurs réalités et 77% se sentent instrumentalisés par des élus qui défendent leurs propres idées et non celles des jeunes."

Volonté d'agir

Selon ce baromètre, les jeunes Occitans sont loin d'être insouciants. Les sujets qu'ils jugent prioritaires ? Les violences et les discriminations, la précarité et la pauvreté auxquelles ils sont d'ailleurs de plus en plus confrontés, et la santé. "Soucieux de ces problématiques, les 16-25 ans d’Occitanie sont prêts à s’engager et à faire entendre leur voix : près de 8 sur 10 souhaitent s’impliquer plus fortement sur les grands enjeux actuels qui concernent la jeunesse et son avenir."

Encore faut-il être entendus. Leur outil d'expression-clé, ce sont les réseaux sociaux avec un jeune sur deux en Occitanie qui utilise ce canal pour tenter de se faire entendre. Mais dans le même temps, l'effet s'avère limité. Ainsi, "78% des jeunes affirment que ce qui est exprimé sur les réseaux sociaux reste souvent ignoré par les responsables politiques." Et ces échanges sur les plateformes peuvent parfois s'avérer rebutants avec trop de clashs, de débats inutiles et de trolls en ligne.

Et l'école dans tout cela ?

Selon ce sondage, l'école est le premier d'expression pour les jeunes. Ils s'y sentent majoritairement consultés (65%), devant les médias (55%), les élus (41%) et les partis politiques (38%). L'école est également perçue comme un lieu d'apprentissage de la citoyenneté et prépare à l'engagement à l'image du rôle de délégué de classe.

En revanche, l'école peut aussi s'avérer décevante pour ces jeunes. Ils sont 31% à penser "qu'elle ne joue pas son rôle d'éducation des citoyens". 42% disent qu'"ils s'expriment sans se sentir écoutés".

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