La cour d'assise spéciale de Paris juge trois femmes soupçonnées d'avoir appartenu au groupe Etat Islamique en Syrie. Elles sont membres d'une famille de djihadistes toulousains : les frères Clain. Les premiers débats ont été marqué par l'expression de regrets.
Le procès de "revenantes" du "Califat" de Daech s'est ouvert ce lundi 14 septembre à Paris. Il s'agit de trois femmes, originaire de Toulouse et de l'Aveyron. Elles sont membres de la famille des frères Clain, les deux djihadistes toulousains qui ont revendiqué les attentats de novembre 2015 au nom de l’organisation État islamique.
Elles sont jugées pour association de malfaiteurs terroriste.
L'acte de contrition de la nièce Clain
Dès le début des débats, Jennyfer Clain a lancé : "Je ne suis pas là pour nier les faits qui me sont reprochés. J'ai adhéré à ce groupe terroriste, tueur. Je suis coupable. Je regrette tellement, mais je ne peux pas revenir en arrière". Agée de 34 ans, la jeune femme est la fille de la soeur de Jean-Michel et Fabien Clain, les deux Toulousains qui ont rejoint l'Etat Islamique en Syrie. Elle a vecu à Capdenac-Gare dans l'Aveyron.
Elle a rejoint la Syrie en 2014 pour retrouver son mari, rencontré par l'entremise de son oncle Jean-Michel Clain.
Devant ses juges, Jennyfer a raconté une enfance en vase clos, marquée par un islam radical. Elle revendique toujours sa foi musulmane. Jennyfer Clain assure être "partie à Daech de son propre fait" et " a besoin d'être libérée de tout ça". Mais elle ajoute " sans Daech, je serais encore dans cette idéologie sectaire. Je regrette, bien sûr, mais c'est ce qui a fait que je suis la personne que je suis aujourd'hui".
Le "travail sur elle même" d'une autre accusée
A Raqqa, Jennyfer Clain a retrouvé sa belle mère, Christine Allain. Cette ancienne éducatrice spécialisée se retrouve également dans le box des accusées.
Son avocat a précisé à l'AFP que Christine Allain "est désormais apaisée, elle a beaucoup travaillé sur elle-même, elle a rencontré beaucoup de professionnels en détention pour envisager la réinsertion sociale".
"Elle déteste la personne qu'elle était devenue" a ajouté l'avocat.
Le procès doit se tenir jusqu'au 26 septembre. Il se déroule devant une juridiction spécialisée, compétente en matière de terrorisme. Elle est composée de magistrats professionnels.
Les trois femmes encourent trente ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.