"Sans oui, c'est toujours non", cette région se mobilise contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports

À l'approche du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Région Occitanie lance une campagne de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports, trains et bus LIO. Elle a travaillé avec des associations de terrain comme le CIDFF (Centre d'information des femmes et des familles).

La Région Occitanie lance une campagne de sensibilisation inédite dans les transports publics à l'approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Elle vise à lutter et combattre les violences sexistes et sexuelles.

Trois associations ont participé à l'élaboration de cette campagne aux côtés de la Région : le CIDFF (Centre d'information des femmes et des familles) qui dispose de 13 antennes en Occitanie, l'association Femmes de papier et le CPCA (Centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales).

L'objectif de cette campagne est de s'adresser aux victimes, aux auteurs de violences et aux témoins potentiels de ces actes délictueux. Par le biais de ces affiches, "nous voulons en priorité que les victimes puissent se sentir accompagnées, qu'elles ne soient pas seules et qu'elles sachent qu'elles seront crues si elles parlent, c'est absolument essentiel", explique Marie-Christine Perez, présidente de la fédération régionale des 13 CIDF d'Occitanie et présidente du CIDFF du Tarn-et-Garonne.

Tous-tes concerné.e.s

De nombreuses victimes viennent encore du réseau d'associations du CIDFF et hésitent à aller vers les institutions judiciaires par peur de ne pas être crues, d'après Marie-Christine Perez.

Les affiches font de ces violences l'affaire de tous. Elles ciblent les auteurs mais aussi les témoins de ces violences. Elle préconise l'application de la "méthode des 5 D" : distraire, déléguer, documenter, diriger, dialoguer.

"Distraire, ça veut dire qu'il faut créer une diversion pour faire cesser la situation, explique Marie-Christine Perez. Par exemple, faire semblant de connaître la victime et lancer une discussion ou amorcer une discussion avec la personne qui est en train d'exercer une pression ou d'agresser".

Vidéo ou enregistrement audio

"Déléguer, c'est aller chercher de l'aide auprès d'un autre passager par exemple si on ne se sent pas capable d'intervenir, sensibiliser d'autres passagers, poursuit-elle. Documenter, c'est extrêmement important, c'est noter ou filmer ce qui se passe mais il faut faire attention à la confidentialité". Un enregistrement audio peut être plus discret et utile à la victime par la suite. Beaucoup de procédures sont classées sans suite faute de témoignages écrits ou de preuves à l'appui.

Le quatrième est le "D" de diriger : s'adresser à la victime en lui demandant si elle va bien, en lui demandant si elle souhaite qu'on reste avec elle, où elle descend. "L'objectif est de casser cette relation violente, s'interposer dans cette forme de huis clos qu'impose l'agresseur", précise Marie-Christine Perez.

"Le dernier "D", c'est prendre le temps de dialoguer avec la victime en lui confirmant que ce qu'elle vient de vivre n'est pas normal, que ce n'est pas de sa faute et qu'elle n'est pas seule. "Ce dernier point est aussi très important, insiste la présidente du CIDFF Occitanie, car cela leur permet de contacter les associations dont les numéros sont donnés sur les affiches et de réagir". Une nécessité pour ne pas enfouir ces agressions qui peuvent ressurgir sous la forme d'insomnies, de crises d'angoisse ou de stress post-traumatiques extrêmement invalidants.

Les affiches tentent de sensibiliser les auteurs au fait que le consentement passe par un "oui" et que le silence n'est en aucun cas une forme de consentement. Une définition du consentement qui a d'ailleurs récemment évolué dans la loi.

"Sans oui, c'est toujours non, affirme Marie-Christine Perez. Ça veut dire qu'on va acter le non-consentement de la victime, essayer d'en faire prendre conscience aux éventuels auteurs qui pourraient lire ça. Il faut un consentement. On rappelle que les violences sexuelles sont punies par la loi. C'est un délit et ça peut aller jusqu'au crime".

Éveiller les consciences de tous les protagonistes, tel est l'objectif de cette campagne. "En Occitanie, nous refusons que les violences sexistes et sexuelles soient une fatalité. Chaque chiffre renvoie à une vie, à un parcours, à une femme qui a subi l’inacceptable et nous ne l’acceptons pas", Carole Delga, la présidente de la Région.

Pour elle, le sexisme n'a pas sa place dans les gares, les trains et les cars liO, comme partout ailleurs.

Nous agissons là où se croisent des milliers de vies, pour protéger les victimes, encourager les témoins et rappeler clairement les comportements inacceptables.

Carole Delga

Présidente de la Région Occitanie

"Mais lutter contre les violences ne se limite pas à la prévention : c’est aussi agir pour que les femmes puissent vivre et travailler en sécurité, prendre pleinement leur place dans la société, l’économie et la culture, précise Carole Delga. Renforcer leur autonomie, soutenir celles qui entreprennent, encourager leur présence dans des secteurs encore trop souvent masculins… À la Région, c’est un combat que nous menons chaque jour avec nos partenaires, et nous le continuerons avec détermination".

Mise en œuvre en priorité dans les transports publics, la campagne contre le sexisme devrait être étendue dans un second temps à l’ensemble des établissements dont la Région a la responsabilité.

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