Objectif Lune en 2030 : le rover européen Mona Luna sera assemblé à Toulouse, 200 emplois à la clé

La Ville rose réaffirme son statut de capitale de l'aérospatial. Présentée mardi 31 mars à la Cité de l'espace, la maquette taille réelle du futur rover lunaire Mona Luna préfigure une avancée industrielle majeure pour Toulouse. Développé par l'entreprise Venturi Space, ce véhicule taillé pour l'exploration du pôle Sud de la Lune bénéficiera d'une nouvelle usine d'assemblage locale.

Alors que la NASA s’apprête à envoyer des humains autour de la Lune pour la première fois depuis cinquante-trois ans, le véhicule, qui devrait accompagner la prochaine mission cette fois sur l'astre lunaire, a été présenté ce mardi soir à la cité de l'espace à Toulouse (31).

Un rover pour la Lune

Ce n'est qu'une simple maquette, mais elle porte déjà la promesse bien réelle d'une avancée de géant pour l'humanité. Le rover Mona Luna est un concentré de technologies destinées à explorer le pôle Sud de la Lune, le prochain défi de la conquête spatiale.

Et c'est grâce au génie humain de l'automobile qu'il va voir le jour : "Les technologies qui sont associées ressemblent à de la technologie automobile classique de Monsieur Tout Le Monde", explique Antonio Delfino, le directeur des affaires spatiales chez Venturi Space.

Un véhicule à tout faire

"La grande différence, c'est que ces technologies-là doivent tenir à des températures extrêmes sur la Lune, à des radiations", poursuit-il. "Elles doivent tenir aussi à des chocs incroyables sur des terrains qui ne sont pas des autoroutes et des routes". Pour ce rover, une terre inconnue donc, sous des températures variant entre 170 degrés et moins 200 degrés. Le Mona Luna sera alimenté par des batteries chargées par ce panneau solaire.

Dans son coffre, un bras articulé, une boîte à outils, paré à toutes les éventualités : "C'est un coffre qui s'ouvre comme un coffre de buggy, et dans lequel on peut installer des instruments scientifiques, des outils, des échantillons, et même un astronaute évanoui pour le ramener vers sa base", confirme l'astronaute Jean-François Clervoy, ambassadeur de Venturi Space.

Un partenariat avec le privé

Pour la première fois en Europe, c'est une entreprise privée qui se lance dans l'aventure spatiale : "Souvent le secteur public, on ne peut pas se permettre de manquer une mission", nous confie Jean-Claude Dardelet, président de la SEMECCEL - cité de l'espace.

"En revanche ça fait partie de la culture du privé", rajoute-t-il. "Et le fait de travailler tous ensemble, Venturi Space, le CNES et l'agence spatiale, je pense qu'on va ouvrir de nouvelles perspectives et ça se passe à Toulouse alors on en est très fier".

Le Monégasque Venturi Space venu de la formule 1 électrique, affiche ses ambitions et son audace à travers ce projet. Une usine d'assemblage du rover à Toulouse est déjà lancée avec 100 millions d'euros investis et à terme 200 salariés. L'alunissage est prévu en 2030

Article écrit à partir d'un reportage réalisé par Bruno Frediani et Bertrand Pelletier.

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