Les professeurs du lycée Toulouse-Lautrec, à Toulouse, se mobilisent. Pour la rentrée 2025, la dotation horaire de l'établissement est réduite. Cette baisse du nombre d'heures de cours, attribuée par le Rectorat, fragiliserait la qualité de l'enseignement dans des classes déjà surchargées.
Moins d'heures de cours mais davantage d'élèves dans les classes, voilà ce qui attend les enseignants du lycée Toulouse-Lautrec pour la rentrée 2025.
Chaque année, des enveloppes horaires sont attribuées aux établissements scolaires par le Rectorat. Pour la rentrée prochaine, cette dotation baisserait pour ce lycée alors qu les classes compteront 36 élèves, soit l'effectif maximum.
Les demi-groupes menacés
Les 1 600 lycéens de l'établissement sont répartis en sept classes de seconde, 15 de première et 14 de terminale. À cela s'ajoutent deux sections de BTS. En septembre prochain, toutes ces classes seront complètes. Cela pose un souci pour les groupes de spécialités, normalement en effectif réduit, en terminale.
Agnès Ankielewiez est professeur de mathématiques depuis 20 ans au lycée Toulouse-Lautrec. Elle détaille : "Si on a plus de groupes à organiser, on se retrouve avec un manque d'heures. Quand on a une classe entière, on a de temps en temps des heures en demi-groupe. Et ça, c'est ça qui est menacé actuellement."
Cette organisation poserait notamment problème pour les élèves de terminale préparant le Grand Oral du baccalauréat. "Ça revient à dire que dans les groupes de spécialité où on a déjà 36 élèves, on travaillerait tout le temps en classe entière" explique Agnès Ankielewiez.
"Il nous faut 40 heures en plus"
Pour la rentrée 2025, la dotation horaire de l'établissement, attribuée par le Rectorat, est de 1 958 heures. Un nombre jugé insuffisant par les professeurs s'ils souhaitent conserver les groupes de spécialités en effectif réduit.
Si on veut maintenir ça, il nous faut entre 30 et 40 heures de plus. Si on ne nous donne pas ces heures, on va avoir une dégradation de l'enseignement.
Agnès Ankielewiez, professeur au lycée Toulouse-Lautrec
Pour faire entendre leur voix face à cette situation, 29 professeurs ont démissionné de leur fonction de professeur principal. Une mission en plus de leur enseignement, non obligatoire mais essentielle. "Cela envoie un signal fort" conlut Agnès Ankielewiez.
Des courriers adressés au Rectorat ont abouti à un échange. Les enseignants auront une audience avec la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) le 19 mars.