"On veut agir pour les jeunes qui ne sont pas encore tombés dedans" : une mairie interdit sur sa commune les cartouches de gaz hilarants

Après Toulouse en 2020, la commune de Saint-Jory prend un arrêté pour interdire "la détention, l'utilisation et l'abandon de cartouches de gaz hilarant". Objectif : prévenir la prolifération de la consommation sur la commune et alerter les familles.

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La commune de Saint-Jory, située dans le nord de l'agglomération toulousaine, vient de prendre un arrêté qui interdit sur le territoire de la commune la détention, l'utilisation et l'abandon de cartouches de gaz hilarant. "C'est une augmentation qui perdure et on n'a trouvé aucun moyen pour contrer cette consommation sur le domaine public", explique Thierry Brugère, l'adjoint en charge de la sécurité. 

La consommation est restreinte à quelques points dans la commune mais les riverains signalent des nuisances, bruit, perte de contrôle des utilisateurs qui peuvent devenir agressifs et cartouches laissées à même la chaussée. "On en trouve de plus en plus, les services techniques en ramassent, la police municipale en ramasse, les administrés nous en signalent".

Sans recourir aux grands moyens, l'équipe municipale dit vouloir réagir tout de suite face à ces "petits signaux" et permettre de donner des moyens d'agir à la gendarmerie et à la police municipale. Des groupes de jeunes sont identifiés, pas nécessairement isolés ou en déshérence, mais ils seraient sous l'influence de petits délinquants.

Aux abords d'un collège à Saint-Jory. © T.Brugère

C'est pourquoi la mairie cherche à informer les familles sur les conséquences de ce gaz utilisé de façon récréative mais qui peut avoir des conséquences délétères sur la santé des pré-ados, des ados et des jeunes adultes.

Des complications neurologiques 

Le gaz hilarant ou protoxyde d'azote est un gaz à usage médical pour anesthésier ou atténuer la douleur. Il est également utilisé en cartouche par l'industrie agroalimentaire pour les siphons à chantilly entre autres.

Son usage détourné consiste à inhaler le gaz par le biais d’un ballon. L'objectif est de se désinhiber ou d'augmenter les effets de certains stupéfiants comme l'ecstasy. Mais son usage répété peut exposer l'utilisateur à une intoxication aiguë voire des complications graves au long cours.

Les risques immédiats sont l'asphyxie par manque d’oxygène, les pertes de connaissance, la désorientation, les vertiges, les chutes, les brûlures par contact prolongé avec la bonbonne.

En cas de consommation répétée ou importante, le corps médical constate des complications neurologiques parfois sévères avec des troubles de la marche qui nécessitent de la rééducation, des complications psychiatriques ou des anémies, des thromboses veineuses ou artérielles. Inhalé régulièrement, ce gaz peut devenir addictif.

À Saint-Jory, l'esprit de l'arrêté est avant tout préventif. Des actions sont menées pour informer les parents et aller au-devant des jeunes. "On veut déjà agir pour les jeunes qui ne sont pas encore tombés dedans, poursuit Thierry Brugère. On mène aussi des actions auprès des jeunes avec le PAJ [Point animation jeunesse] et la police municipale pour les sensibiliser. À cet âge, on aime aller vers l'interdit et faire comme les copains. Il y a un certain mimétisme : pour adhérer à un groupe, il faut faire pareil que les autres".

Les élus de Saint-Jory estiment que le phénomène dépasse nettement les frontières de la commune et qu'il est en expansion partout sur le territoire de l'agglomération. Et pas seulement de l'agglomération toulousaine... Les ARS (agences régionales de santé) leur donnent raison. Les mises en garde se multiplient à l'attention du corps médical sur le sujet.

La municipalité se positionne pour l'instant pour la prévention et la pédagogie mais n'exclut pas de passer à la phase répressive si les circonstances l'imposent. L'arrêté contre "la détention, l'utilisation et l'abandon de cartouches de gaz hilarant" est valide à Saint-Jory sur la durée. Il est pris sans limite dans le temps.

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