Toulouse Métropole a acté la reprise des études de faisabilité du boulevard urbain du canal de Saint Martory, un projet de contournement qui date des années 1970 dans l'Ouest toulousain. Désormais intégré dans le PIMSOT (Projet d’Infrastructure de Mobilités du Sud-Ouest Toulousain), le dossier ravive les oppositions.
C’est un projet routier vieux de près de 50 ans qui refait parler de lui dans plusieurs communes de l’Ouest de Toulouse. Le boulevard urbain du canal de Saint Martory destiné à améliorer les déplacements dans le sud-ouest de l’agglomération toulousaine est désormais intégré au Projet d’Infrastructure de Mobilités du Sud-Ouest Toulousain (PIMSOT). Le conseil de la métropole a acté par délibération "une étude de cohérence urbanisme concernant les mobilités du quadrant sud-ouest métropolitain".
Un changement de nom qui accompagne une réflexion plus large sur les mobilités se défend la Métropole. Mais le projet continue de susciter de vifs débats entre les élus, les habitants et les associations locales.
Le PIMSOT vise à créer un maillage de transport entre la RN124 et l’A64 afin de mieux desservir les communes de l’ouest toulousain, notamment Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Tournefeuille et La Salvetat-Saint-Gilles. Le projet ne se limiterait plus à la création d’une 2X2 voies pour les voitures et les poids lourds. Les études engagées par Toulouse Métropole portent également sur les transports collectifs et les mobilités douces.
La Voie du canal Saint-Martory, actuellement réservée aux bus, serait ouverte à la circulation. Trois scenarii sont à l'étude :
- 1 voie de bus + 2X2 voies
- 1 voie de bus + 2X1 voies
- 1 voie de bus ( dans les deux sens) + 2X1 voies
Des options qui sont loin de faire l’unanimité. Pour le collectif d'opposants, composé de 12 associations environnementales ce projet est "un contresens climatique".
Un danger pour la biodiversité
Sébastien Aubry, membre de l'association Axe vert de la Ramée argumente "ce projet est une fuite en avant vers le tout voiture. Il ne résoudra pas les bouchons. C'est le principe du trafic induit. Une nouvelle route attire les voitures. L’ensemble du projet représenterait 24 kilomètres supplémentaires, 52 hectares d'espaces naturels artificialisés et 320 millions d’euros d’investissement. Il exposerait des milliers de riverains à la pollution de l'air et au bruit".
Les opposants proposent l'abandon complet du projet afin "de conserver la voie de bus actuelle en site propre, de privilégier le développement des transports en commun et de travailler sur le projet de RER toulousain".
Autre inquiétude pour les opposants, l'impact sur l'environnement. "Le corridor entre la voie du canal Saint-Martory constitue un site riche en biodiversité. Le projet serait situé en bordure immédiate du parc de la Ramée, l’un des derniers espaces verts de cette taille dans le secteur. Des naturalistes de la Société botanique de France font régulièrement des recensements de faune et ont identifié 72 espèces protégées à cet endroit" explique Sébastien Aubry.
Des élus partagés
Frédéric Parre, le maire PS de Tournefeuille s'est dit "personnellement opposé à ce projet dans son intégralité". Une prise de position saluée par les collectifs écologistes. Idem pour le maire de Portet-sur-Garonne, Thierry Suaud et Florence Queval, l'édile de Plaisance-du-Touch.
Laurent Soulié, conseiller métropolitain et vice président de la commission mobilités tente de rassurer " Il n'est absolument pas question de construire une autoroute. Le site de la Ramée est sanctuarisé, les corridors écologiques seront préservés. Et en même temps, il ne faut pas fermer la porte à ces grands projets structurants."
Le calendrier
Les analyses techniques vont se poursuivre d'ici 2030 avec notamment le lancement d’une étude de la circulation sur le secteur de Saint-Simon et au nord de la commune de Cugnaux.
Les premières réalisations et la livraison des aménagements multimodaux pourraient intervenir d'ici 2030/2035.
Les opposants comptent sur une pétition en ligne pour faire stopper le projet. Ils organiseront une action symbolique le 21 juin à 10h30 au rond-point du chemin de Guilhermy à Toulouse pour sensibiliser les riverains.