Latifa Ibn Ziaten a partagé son témoignage bouleversant et appelé au dialogue, à l’amour et à l’éducation pour prévenir la radicalisation. Treize ans après la mort de son fils, premier militaire assassiné par Mohammed Merah, elle continue de porter un message d’espoir aux familles.
"Messieurs, dames, vous savez une souffrance d’une mère, elle ne guérit pas, je vis avec tous les jours", Latifa Ibn Ziaten s'exprime au micro. Une femme debout, qui témoigne inlassablement. Ses mots simples, venus du cœur, touchent les habitants de Frontignan (Hérault) venus assister à sa conférence.
"Malgré tout le malheur qu'elle a eu, elle est encore capable de donner de l'amour. Et c'est un courage énorme", déclare une femme du public. "On a tous envie de boire ces paroles, parce qu’elle est dans la justesse totale au niveau de l'éducation", constate à son tour un spectateur.
Témoigner pour agir
Latifa Ibn Ziaten a fait de sa douleur son moteur. Après la mort de son fils Imad, premier militaire assassiné par Mohammed Merah en 2012, sa vie prend un tournant. Depuis 13 ans, elle parcourt la France, à la rencontre des jeunes, mais aussi de leurs mères.
" Je me retrouve en elle, je pense comme elle, je réfléchis comme elle, tout ce qu’elle dit est vrai", confie une mère. "Pour ces femmes et ces mères, c'est terriblement important, elles sortent de là beaucoup plus réconfortées et puissantes", analyse Pierrette Roucoulet, la coordinatrice du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance de Sète agglomération.
Intégration
Comme Latifa Ibn Ziaten, Samia est arrivée du Maroc sans parler le français il y a plusieurs années. Comment faire en sorte que ses trois enfants s’intègrent et réussissent ? Elle retient de cet échange des conseils précieux. "Je vais garder quand elle a dit : il faut suivre les enfants à l'école, il faut vérifier que tout va bien. Même si le professeur ne vous donne pas de rendez-vous, vous vous pouvez le demander", confie Samia après sa discussion avec Latifa.
"Ça fait plaisir de laisser ce message ici à Frontignan, des mamans qui sont en France mais qui ont du mal à aimer la France, je dis il faut l'aimer, la France est un bon pays, elle nous aime, et on doit l’aimer et aider et participer", conclut Latifa Ibn Ziaten.
À la fin de l’échange, de l'émotion et des étreintes. Apprendre à vivre et à dialoguer ensemble, pour combattre la tentation de l’islamisme, le message de Latifa Ibn Ziaten est passé.
Écrit avec Flavie Rocher.