Un couvre-feu a été instauré, vendredi 27 février 2026, sur toute la commune d'Amélie-les-Bains de 22h à 6h. Il devrait durer jusqu'à 31 mai et concerne les mineurs de moins de 15 ans, non accompagnés. L'opposition parle de clientélisme. La Ligue des Droits de l'Homme veut déposer un recours.
C'est du jamais vu dans les Pyrénées-Orientales. Suite à des incivilités sur un parking de l'établissement thermal, la maire d'Amélie-les-Bains a pris la décision d'instaurer un couvre-feu. Une mesure radicale pour lutter contre des actes d'incivilités et de petites délinquances qui apparaissent, selon la maire de la commune, Marie Costas, depuis un mois. L'édile sortante, divers droite et candidate a sa réélection, déplore notamment des actes de vandalismes sur un parking servant aux employés des thermes. Sur les vidéos de caméra surveillance, des voitures des employés ont été dégradées, les vitres brisées et les pneus dégonflés. Les auteurs de ces méfaits seraient tous des mineurs, bien que pour l'heure, aucun suspect n'ait pu être arrêté.
135€ d'amendes
"Il y a une recrudescence d'incivilités de jeunes depuis un mois, des petits cambriolages, des vitres brisées, des jets de pierre sur les gens ou sur le toit de l'église depuis le cimetière. Donc j'en ai eu marre", explique Marie Costas. Un couvre-feu a donc été instauré pour lutter contre les incivilités des plus jeunes avec à la clé une amende de 135€ pour tous les mineurs de moins de 15 ans qui seraient dehors entre 22h et 6h, sans être accompagnés d'un parent ou d'un représentant légal.
Non, je ne me fascise pas pour racoler les voix du RN. Il faut arrêter de pense que les élus ne vivent qu'avec des arrière-pensées électorales.
Marie Costas, maire (DVD) d'Amélie-les-Bains
Un recours de la Ligue des Droits de l'Homme
"C'est un coup de semonce pour rappeler les parents à l'ordre. On sait parfaitement que la ligue des droits de l'homme va faire un recours et avoir gain de cause". La Ligue des Droits de l'Homme 66 projette effectivement de déposer un recours en annulation assorti d'un référé suspension, estimant que cet arrêté est "inacceptable", auprès de nos confrères de Made in Perpignan.
La maire de la commune, Marie Costas, s'attend donc à ce que le couvre-feu soit annulé par la justice. "Je n'ai pas vocation à vivre dans un pays fascisant. Mais c'est un moyen d'alerter les parents, cela ne se veut pas répressif mais éducatif".
Un laisser-aller sur la sécurité ?
Son opposant pour les municipales, Alexandre Reynal (DVG), estime que cet arrêté est le signal d'un manquement sur les questions de sécurité. "Il y a un laisser-aller total sur l'habitat insalubre, la police qui n'est plus mutualisée ou encore le manque d'entretien du parc des caméras de vidéosurveillance". Maire d'Amélie-les-Bains pendant 20 ans, Alexandre Reynal assure que c'est sous son mandat que ces caméras avaient été installées ou encore que c'est lui qui a armé la police.
Une police mutualisée, c'est une imbécillité, rétorque la maire sortante, Marie Costas. Dans le contexte géopolitique actuel, il vaut mieux avoir le régalien à sa main plutôt que dans l'intercommunalité". Concernant la police, elle ajoute : "Nous avons la police la mieux armée et la plus condensée du département. Les chiffres de la délinquance ont même baissé à Amélie-les-bains. Mais quand j'ai vu une recrudescence ce dernier mois, j'ai préféré agir".
Ce qui me gène, ce n'est pas l'arrêté mais le timing, à dix jours des élections Municipales. C'est du populisme.
Alexandre Reynal, candidat sans étiquette aux municipales 2026
Le candidat, sans étiquette mais dont la liste est classée à gauche par le ministère de l'Intérieur, ajoute : "Ce couvre-feu est dans l'air du temps… Mais il vaudrait mieux s'occuper des jeunes en amont, en ne cassant pas le milieu associatif par exemple comme cela a été fait pendant six ans", assène Alexandre Reynal qui précise toutefois qu'il aurait aussi pu prendre un tel arrêté si nécessaire. "Mais à dix jours des Municipales, on sent bien que c'est parce que son bilan est catastrophique. Les gens ne sont pas dupes de ce timing".
Marie Costas assure pourtant : "Il y a une myriade d'activités pour les jeunes, les adolescents peuvent y jeter leur énergie jusqu'à 20h. Mais après 21h, que des jeunes de 12 ou 13 ans soient toujours dehors sans surveillance, ce n'est pas normal".