Grave incident ce mercredi 3 septembre 2025, à la gendarmerie de Font-Romeu, dans les Pyrénées-Orientales. Une garde à vue a dégénéré et un gendarme a fait usage de son arme, blessant au ventre un prévenu de 31 ans, selon une source proche de l'enquête. Deux gendarmes auraient aussi été hospitalisés.
Tout a commencé en début d'après-midi, ce mercredi 3 septembre, par l'agression d'un militaire, dans les locaux de la gendarmerie de Font-Romeu, dans les Pyrénées-Orientales.
Peu de temps auparavant, Rémi D. 31 ans avait été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de Mont-Louis, sur instructions du parquet de Perpignan, dans le cadre d’une enquête préliminaire, le mettant en cause pour "menace de mort ou atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l’encontre d’un magistrat ou juré". Ces faits ont été commis sur le ressort du tribunal judiciaire d’Orléans, à l’encontre d’un magistrat.
Une première audition libre de mis en cause avait été effectuée en début d’année. À l’issue de celle-ci l’intéressé avait été visité par un médecin psychiatre, qui avait pu constater qu'il présentait des fragilités psychologiques.
Une agression et un tir
"Une scène de violence a éclaté pendant la garde à vue d'un homme de 31 ans. À la suite d'une agression, un gendarme a ouvert le feu", a indiqué une source proche de l'enquête, précisant que les deux gendarmes présents avaient également été blessés.
La garde à vue se déroulait normalement jusqu’au moment où Rémi D. a compris qu’un défèrement au parquet de Perpignan était envisagé, raison pour laquelle il a été transféré dans les locaux de la brigade de Font-Romeu. C’est là qu’il s’est emporté, a tenté de s’emparer de l’arme au ceinturon d’un des deux militaires et est devenu incontrôlable.
Cela a conduit les gendarmes, qui ont subi des violences, à se défendre, d’abord avec leurs bâtons télescopiques, puis, pour l’un des deux à tirer sur le gardé à vue.
"Cette scène, découpée en deux moments, fait l’objet de deux enquêtes actuellement en cours" précise Nicolas Brignol, procureur adjoint de la République de Perpignan.
La première sur le fait générateur, les violences commises par le gardé à vue sur les gendarmes, est confiée à la brigade de Céret. La seconde, sur le tir du militaire avec son arme de service, à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. "Cette unité de gendarmerie spécialisée devrait procéder, dès que possible, si son état le permet, à l’audition de mis en cause" précise Nicolas Brignol.
Trois personnes hospitalisées
Les trois hommes, le gardé à vue et deux gendarmes, ont été hospitalisés, sans que l'on connaisse la gravité de l'état de santé de la personne blessée par balle et la nature des blessures des deux gendarmes. Mais aucun pronostic vital n'était engagé, a-t-on précisé de même source.
La victime du tir a été héliportée au centre hospitalier de Perpignan, les deux gendarmes plus légèrement atteints ont été admis à l'hôpital transfrontalier de Puigcerdà.
La section de recherche de la gendarmerie de Montpellier a été chargée de l'enquête par le parquet de Perpignan.